Tournai-Ath-Mouscron Un médecin se retrouvait devant le tribunal correctionnel de Tournai suite à une histoire de rébellion qu'il conteste.

Ce n'est pas tous les jours que l'on retrouve un médecin à la barre du tribunal correctionnel. Le soixantenaire avait en effet été contrôlé à Flobecq le 23 novembre 2016 après avoir été aperçu au volant par la police le téléphone à l'oreille.

"J'étais effectivement au téléphone et je roulais à du 20 à l'heure sur une route de campagne", avouait le prévenu. "Je cherchais un accotement afin de pouvoir me garer. Je donnais mes instructions à mon assistant pour un traitement urgent quand la police m'est tombée dessus. Ils m'ont demandé de sortir de véhicule et j'ai eu beaucoup de mal pour cela car je m'étais fait agresser quelques jours plus tôt et j'avais également été victime d'un AVC."

Le médecin révélait alors avoir été la victime de réflexions déplacées de la part des policiers. "Ils m'ont demandé de vider mes poches et ils ont alors vu que j'avais beaucoup d'argent. Il s'agissait simplement de mes dernières consultations. J'ai ensuite été menotté et colsonné et je ne me suis pas senti très bien, j'ai cru que j'allais mourir. J'ai à un moment pensé à m'enfuir mais j'ai eu peur, ils m'auraient tiré dessus."

Du côté des forces de l'ordre, on assure que le médecin s'est débattu. "Je vais avoir 61 ans. Qu'est-ce que j'aurais été me débattre contre des policiers de 25-30 ans ?!"

Le ministère public ne se montrait pas opposé à l'octroi de la suspension du prononcé pour le médecin en estimant que sa comparution était déjà suffisamment honteuse pour lui. "Urgence ou pas, on ne téléphone pas au volant. Les policiers ont dû lui demander plusieurs fois de raccrocher avant qu'il ne s'exécute. Et encore, c'est parce qu'il avait terminé sa conversation. Ils ont également dû insister pour qu'il sorte de son véhicule. Il s'est débattu, ce qui a causé sa chute ainsi que celle du policier. Puis, s'il avait été victime de quelque chose, pourquoi ne pas avoir porté plainte pour coups et blessures ?"

Du côté de la défense, c'est Me D'Agristina qui assurait les intérêts du médecin. "Le comportement qu'on lui prête ne colle pas à sa personnalité. Mon client ne s'est pas rebellé, il a juste dit qu'il avait mal, les policiers n'avaient pas à faire usage de la force." Son acquittement a été sollicité.