Un Picard à la tête de la CCW 

Cédric Ketelair Publié le - Mis à jour le

Tournai-Ath-Mouscron

L’entrepreneur Eddy Devos a été élu président de la Confédération Construction de Wallonie

TOURNAI Depuis avril, c’est un entrepreneur tournaisien qui est chargé de représenter les intérêts de 12.000 indépendants et 65.000 travailleurs salariés dans le domaine de la construction en Wallonie. Eddy Devos, patron de la société de construction du même nom, implantée le long du quai des Vicinaux à Tournai, a été élu et il remplace Marc Lefebvre. L’ingénieur qui a osé se lancer en 1987 est aujourd’hui une personnalité incontournable dans un secteur en crise.

Eddy Devos est l’aîné des trois fils d’un architecte de Frasnes. Après avoir décroché ses diplômes d’ingénieur Travaux publics et Géologie à l’IRAM de Mons et d’ingénieur civil Construction à l’UCL, il a été engagé en tant qu’ingénieur méthode au sein de la filiale belge du groupe français Caroni-Lecomte.

C’était en 1981. Mais six ans plus tard, il perdait son boulot à cause de la dislocation du groupe.

“J’aurai pu entrer dans une société importante mais j’avais envie de lancer ma propre affaire. On m’a encouragé. Je suis rentré chez moi et j’ai demandé à ma femme d’annuler nos vacances. L’entreprise Eddy Devos Construction était créée et je bénéficiais d’une belle rampe de lancement, car je pouvais relancer les chantiers abandonnés par mon ex-employeur. Mes collègues m’ont aussi accueilli à bras ouverts”, raconte l’entrepreneur.

En 25 ans, la société a grandi avant de subir de plein fouet la crise. Mais cet entrepreneur optimiste avait un coup d’avance.

“Nous nous sommes spécialisés dans la promotion immobilière il y a une dizaine d’années. C’est notre principale activité aujourd’hui et cela nous a permis de ne pas couler car le climat n’est pas très positif.”

Et comme pour le secteur du transport, dont les syndicats ont encore manifesté leurs inquiétudes il y a une semaine, la construction est aussi confrontée à une concurrence déloyale venue de l’Est. Certaines entreprises font appel à de la main-d’œuvre moins chère, mais pas forcément la plus efficace.

“Grâce à ma nouvelle casquette, je vais pouvoir interpeller le monde politique sur cette concurrence déloyale. Si on veut créer de l’emploi chez nous, et faire de la formation, il faut nous en donner les moyens.”

Et Eddy Devos prouve que les ressources humaines existent chez nous. “Je ne dois pas aller bien loin pour trouver des jeunes gens motivés. Je suis jury à Don Bosco et j’aime préparer les jeunes à la vie active.” En tout cas, il se refuse d’engager de la main-d’œuvre étrangère !



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