Tournai-Ath-Mouscron Ce sont des éducateurs de l’athénée de Péruwelz qui ont dénoncé les faits.

Ce mercredi, les forces de l’ordre ont intercepté M. G, un professeur de religion qui travaillait dans un établissement du réseau communal de Péruwelz, près de Tournai.

Ce sont des éducateurs de l’athénée de Péruwelz qui ont eu vent d’une vente de produits stupéfiants à des jeunes de leur établissement. Les éducateurs sont restés attentifs à ces rumeurs et ont mené leur enquête avant d’aviser les services de police.

Ce deal de drogue concernait trois étudiants de deuxième secondaire. Ils ont été entendus par les policiers. Ces jeunes passés dans l’enseignement secondaire étaient en fait des étudiants que le professeur de religion avait connus lors de leur parcours dans le réseau primaire.

Il est question de différents produits stupéfiants vendus à ces jeunes, dont la drogue dite du viol. Ce professeur ne travaille qu’en primaire, mais dans deux établissements communaux de la ville de Péruwelz. Il n’est pas en lien avec le corps professoral de l’athénée royal de Péruwelz, laquelle, outre l’implication de ses trois étudiants, est totalement étrangère aux faits.

Hier, le parquet de Tournai-Mons a confirmé l’interpellation de ce professeur et les faits que nous avions dévoilés ce jeudi sur notre site DHnet.be. M. G a été inculpé d’infraction à la loi sur le trafic de stupéfiants avec la circonstance aggravante qu’il vendait à des mineurs.

Il a été placé sous mandat d’arrêt par la juge d’instruction Véronique Laloux.

Dans le milieu scolaire de Péruwelz, c’est la stupéfaction, car cet enseignant était respecté.

La direction de l’école primaire où enseignait M. G s’est refusée à tout commentaire. Les responsables politiques de la Ville de Péruwelz, pouvoir organisateur dont dépend le professeur de religion coupable des faits, vont devoir prendre rapidement des mesures disciplinaires.

En off, certains mandataires laissaient aussi entendre que les professeurs de religion sont désignés par la commune sur proposition de l’évêché.

Précisons, que M. G, bien qu’inculpé par la juge d’instruction, bénéficie toujours de la présomption d’innocence.


Le bon Dieu sans confession

L’interpellation du professeur a créé l’émoi chez les parents et dans cette ville de 17.000 habitants.

L’interpellation de ce prof de religion a suscité un certain émoi, particulièrement chez les parents d’élèves qui l’ont côtoyé à un moment donné. C’est le cas de cette maman, dont les enfants ont eu l’individu comme professeur à l’école primaire. Elle a accepté de livrer ses impressions.

"Je sais qu’il a été interpellé mercredi matin et qu’il ne s’est donc pas présenté à l’école durant la journée. Il était resté en contact avec de jeunes ados et leur fournissait visiblement des produits. Les forces de l’ordre ont été alertées suite au témoignage des jeunes. Je sais aussi que son ordinateur a été saisi. Il donnait cours dans au moins deux écoles primaires de l’entité."

Comme dans beaucoup d’autres affaires du même type, l’homme apparaissait comme quelqu’un d’avenant, de disponible, toujours prêt à donner un coup de main.

"Rétrospectivement, c’est interpellant. On lui aurait donné le bon Dieu sans confession, si j’ose m’exprimer ainsi. Il disait toujours bien bonjour. Comme on dit, il inspirait plutôt confiance. C’était une personne qu’on voyait toujours un peu partout dans Péruwelz et qui prenait ainsi des cours à l’académie de musique. Ce monsieur cachait bien son jeu. En même temps, on peut remarquer qu’il était toujours dans des lieux où se trouvent beaucoup d’enfants."

Cette affaire inspire un dernier commentaire à cette maman d’élève. "Aujourd’hui, être parent devient de plus en plus difficile. Et si en plus vous confiez vos enfants à des personnes pareilles, c’est encore plus choquant. On ne se sent plus en sécurité", ajoute notre interlocutrice qui souhaite garder l’anonymat .

"Quand vous voyez ça, ça fait réfléchir, même si je ne remets pas en cause le travail des enseignants, qui pour la grande majorité font bien leur boulot. On n’est pas ici dans une affaire de stupéfiants ou de trafic comme on en entend souvent parler. Si j’ai bien compris, il s’agit de substances spéciales qui peuvent avoir des effets bien particuliers sur les jeunes. Mais je sais aussi que ce monsieur, jusqu’à preuve du contraire, est présumé innocent. Si les faits sont avérés, ça fait froid dans le dos."