Tournai-Ath-Mouscron Un homme a été incarcéré pour ne pas avoir donné de suite aux convocations d’un curateur

Si l’on en croit ses propos, l’histoire qui est arrivée à Philippe, un homme originaire de Tourcoing en France et âgé de 51 ans, est assez particulière.

En effet, à la suite d’une raison quelconque, le commerce dont il était le responsable a malheureusement fait faillite. Comme cela doit normalement se passer dans pareilles circonstances, Philippe aurait dû s’entretenir avec un curateur. Ce qui n’a jamais été le cas.

"Évidemment, la convocation a été envoyée à une adresse où mon client n’était plus domicilié, explique Me Mayence qui défendait le prévenu. Il s’agissait de l’adresse de son siège social et, évidemment vu la faillite, il n’y était plus."

Cela, ajouté au fait que Philippe n’a pas présenté les documents comptables nécessaires, l’aura conduit directement à la case prison. Depuis le 9 avril dernier, Philippe est incarcéré à la prison de Jamioulx, après avoir été condamné par défaut à une peine de douze mois d’emprisonnement, au grand dam de sa compagne, complètement désespérée.

"Sa place n’est évidemment pas là ! On ne parle pas ici de la plus grosse faillite qui puisse exister. Au moment des faits, il a perdu un frère qui s’est suicidé. Vu ce drame familial, on peut comprendre qu’il n’ait pas eu la tête totalement à cela. Aujourd’hui, cela ne va pas forcément mieux, son père doit se faire opérer à cœur ouvert. Il doit sortir de prison. Actuellement, il paie extrêmement cher sa négligence du passé."

Du côté du ministère public , on estimait cependant que la faute n’était pas si légère que cela. "Les courriers ont été envoyés tant à l’adresse de résidence qu’à l’adresse de sa société et il n’y en a pas eu qu’un ! Il a même été une fois interpellé au marché de Noël de Mouscron où on lui a signifié qu’il devait prendre contact avec le curateur. Il était donc au courant !"

Trois mois d’emprisonnement ont été requis à son encontre. "Il est vrai que ce n’est pas la faillite du siècle, mais il ne faut pas non plus oublier qu’il y a un préjudice réel. En effet, le prévenu a continué une autre activité, du même type que la précédente, avec le matériel qui aurait dû être saisi et vendu au moment de la faillite. Je ne suis toutefois pas opposé à une mesure de faveur telle que la suspension du prononcé."