Tournai-Ath-Mouscron D’importants travaux d’égouttage ont fissuré de toutes parts une habitation de la rue Saint-Gervais

Une entreprise réalise actuellement pour le compte de l’intercommunale Ipalle d’importants travaux d’égouttage dans la rue Saint-Gervais, à Mévergnies (Brugelette), à deux pas de la Dendre et du moulin à aubes auquel le village doit sa réputation.

Ayant nécessité la fermeture à la circulation de la voirie jusqu’au 31 juillet minimum, le chantier consiste en la pose de collecteurs qui permettront d’acheminer les eaux usées vers la nouvelle station d’épuration toute proche dont la mise en service est prévue en 2019.

Une petite maison située dans la zone des travaux n’a pas résisté, hélas, aux vibrations des engins de terrassement qu’utilisent les ouvriers qui sont amenés à creuser à plusieurs mètres de profondeur pour installer les conduites.

Suite au passage répété d’une grue de plus de 30 tonnes mais aussi en raison des précipitations de ces derniers jours et de la nature instable du sol, d’importantes fissures sont apparues sur les façades de cette habitation qu’occupait une dame de 88 ans. "Les dégâts ne sont pas qu’extérieurs. À l’intérieur de la maison ébranlée, des carrelages se sont affaissés de plusieurs centimètres", témoigne le bourgmestre André Desmarlières.

Aussitôt prévenu, le maïeur est descendu sur place en compagnie du président du CPAS, Raoul Rollin, ainsi que du commandant des pompiers.

"Devant l’ampleur des dommages et l’instabilité de la maison, le commandant Di Silvestro a estimé qu’il était plus prudent que la propriétaire évacue les lieux. Déjà fragilisée par des problèmes de santé, cette personne âgée a subi un stress supplémentaire qui a nécessité son hospitalisation", poursuit le bourgmestre. Le temps qu’elle se remette de ses émotions, la commune, via son CPAS, s’est démenée pour lui trouver un autre domicile.

Aux dernières nouvelles, la préjudiciée sera relogée dans un appartement de l’entité. Quant à savoir si Madame Dosimont pourra un jour retourner chez elle, il faudra attendre l’avis des experts afin de savoir si cette maison peut être restaurée ou s’il y a lieu de la démolir ! "Je suis le premier à être conscient que déraciner une personne âgée, de surcroît en mauvaise santé, est regrettable mais rien ne permettait d’imaginer, malgré des sondages préliminaires, qu’un problème d’une telle gravité surviendrait dans le cadre de ce chantier."

Le directeur de l’intercommunale reconnaît un lien entre son chantier et les dégâts immobiliers

"En 40 ans de métier, c’est la première fois que je suis confronté à un cas de figure aussi extrême qui contraint une personne à ne plus pouvoir habiter dans sa maison suite à des travaux d’égouttage", affirme Gonzague Delbar.

Et le directeur d’Ipalle d’ajouter que dans le cadre de l’élaboration d’un tracé de collecteurs, des études de sol sont pourtant systématiquement menées afin d’éviter d’en arriver à de telles situations. "Une des grandes difficultés lors de la pose de conduites, c’est que l’on travaille 80 % du temps le long de cours d’eau, sur des sols instables et de mauvaise qualité. Par souci de ne pas gaspiller l’argent public, nous recherchons toujours le tracé le plus direct et donc le moins onéreux mais en cas de suspicion, nous n’hésitons jamais à le dévier et à l’allonger."

Chaque année , Ipalle fait poser des collecteurs en bordure de centaines de maisons. "Il est impossible de préjuger que certaines sont moins solides que d’autres."

Notre interlocuteur insiste encore sur le fait que les sols très humides comme à Mévergnies dissimulent des poches bourbeuses (tourbe) susceptibles de provoquer des glissements de terrain.

Un autre facteur pourrait expliquer la rapidité avec laquelle cette ancienne maison de la rue Saint-Gervais s’est lézardée. Des vérifications devront encore le confirmer mais à première vue, l’habitation sinistrée ne reposerait sur aucune fondation.

Quoi qu’il en soit , celle-ci est désormais sous monitoring. Des témoins ont été placés dans les fissures afin de voir si le phénomène continue de s’aggraver. Pour le directeur de l’intercommunale, il ne fait aucun doute que les dégâts constatés résultent des travaux en cours. "Le lien n’est pas toujours aussi facile à établir. Nous avons pas mal de contentieux avec des particuliers dont les propriétés sont déjà fissurées avant un chantier et qui espèrent de la sorte la rénover en faisant intervenir notre assurance."

Ici, Ipalle et la SPGE ne contestent nullement leur responsabilité et indemniseront comme il se doit la préjudiciée via leur compagnie d’assurance