Tournai-Ath-Mouscron L’opposition a directement pris ses marques lors de l’installation du conseil.

Le nouveau conseil communal de Tournai a donc pris place ce lundi soir. Alors que Paul-Olivier Delannois faisait état des différents désistements avant la prestation de serment des conseillers, la séance a été marquée par la première intervention de la conseillère du PTB, qui fait son entrée au sein du conseil tournaisien, Dominique Martin. Cette dernière s’opposait à l’installation de Ludivine Dedonder.

"Nous avons entendu la liste des désistements mais il nous semble qu’il manque celui de Mme Dedonder" , assurait la conseillère du PTB. "Il nous semble évident qu’il s’agit d’une manœuvre de détournement de l’esprit de la loi en profitant d’une faille. Même si nous pouvons trouver leur couple sympathique et que nous lui souhaitons de longues années de bonheur, nous ne voyons pas comment la présence conjointe de M. Delannois et de Mme Dedonder au sein du conseil communal peut être considérée comme sans problème sur le plan de l’éthique."

"Au moins, vous avouez que le couple est sympathique" , lui répondait simplement Paul-Olivier Delannois.

D’autres discussions ont éclaté lors de la mise sur la table du point relatif à la gestion du personnel communal, amenée à être prise en charge par le collège. "Cette question est un enjeu trop important que pour être délégué au seul collège communal", insistait pour sa part Benjamin Brotcorne, chef de groupe Ensemble.

"Au sortir du scrutin du 14 octobre, le seul organe qui représente l’ensemble de la population est le conseil communal. Pourquoi ne pas envisager d’intégrer au sein d’une commission la gestion du personnel avec l’échevin compétent et un (ou une) représentant(e) de chaque groupe présent au conseil communal."

Pour le bourgmestre Paul-Olivier Delannois, cette mesure est simplement prise pour une question de bonne gestion journalière. "Je peux vous garantir que, si systématiquement, quand il y a un engagement, cela doit venir au conseil communal, cela va durer des heures et ce n’est pas pour autant que l’efficacité sera présente."

De son côté, Marie-Christine Marghem (MR) se demandait enfin si Thierry Lesplingart avait pris congé de ses fonctions de directeur général vu son entrée dans le cabinet du bourgmestre. Ce qui n’est évidemment pas le cas puisque le cabinet de Paul-Olivier Delannois sera composé plus tard et soumis au conseil communal.

Dans son style qui lui est propre, Paul-Olivier Delannois s’est adressé au conseil en toute fin de séance.

En fin de séance, Paul-Olivier Delannois a félicité les conseillers et échevins du nouveau conseil communal. "S’engager en politique quel que soit le parti demande un courage certain. À l’heure d’Internet et des réseaux sociaux, je formule le vœu que nous soyons tous suffisamment adultes pour éviter de tomber dans de la démagogie de bas étage." Le bourgmestre veut que l’ambiance politique reste constructive au sein de la cité des Cinq Clochers.

"Depuis toujours à Tournai, le conseil communal est un lieu où le respect a été inscrit en termes de noblesse. Je regrette souvent, et sans vouloir donner de leçon, que le débat tourne parfois en discussion de café de commerce dans d’autres enceintes communales. L’image qui en ressort est catastrophique pour l’image du monde politique en général et du fonctionnement de la démocratie en particulier."

Dans son discours, le nouveau mayeur expliquait encore que le conseil communal est pour lui l’endroit par excellence où s’exerce la démocratie. "C’est ici, en faisant preuve de démagogie, qu’on peut redorer le blason de la politique. Elle en a besoin, nous en avons tous besoins. Aucun autre système de démocratie ne s’est montré garant du bien-être de la population. Soyez donc les garants de notre futur."

Dans son style qui lui est propre

Paul-Olivier Delannois, dans son style qui lui est propre, adressait enfin un dernier mot pour le public… mais également pour la presse.

"Vous avez fait le déplacement pour la mise en place d’un nouveau conseil communal. Sachez que tous nos autres conseils sont ouverts. Cette maison communale est la vôtre et vous êtes ici chez vous. Quant aux journalistes, ils sont un peu nos jurys comme dans The Voice à la seule différence qu’ils ne disposent pas d’un fauteuil amovible où ils ne se retourneraient que quand ils entendraient des remarques pertinentes. Je me demande si l’idée ne vaut pas la peine d’être creusée. Vous êtes aussi les garants de notre démocratie."