Tournai-Ath-Mouscron

Le Refuge à Mouscron a été un hôpital, un centre d’accueil pour des demandes d’asile lors de la crise migratoire, et il deviendra bientôt, si les projets aboutissent, un site aux multiples services. C’est en tout cas la volonté des propriétaires, la société irlandaise Bridgestock.

Après le départ, il y a quelques mois, des demandeurs d’asile, les dirigeants de Bridgestock et tout particulièrement les personnes en charge du site mouscronnois, Youri Van Leynseele et Pascal De Poorter, ont décidé de ne pas baisser les bras et de donner une nouvelle vie à cet immense bâtiment du quartier du Tuquet.

Un projet aux multiples facettes s’est ainsi dessiné. L’une de ces facettes : une résidence estudiantine.

D’ici le mois d’août, une aile entière du Refuge sera dévolue à des logements pour étudiants. Entre 50 et 100 places seront ainsi créées et permettront aux étudiants de disposer de toute une série de services.

"Nous allons collaborer avec l’Institut des techniques hospitalières Jeanne d’Arc qui est juste en face du bâtiment, mais nous visons également les étudiants qui fréquentent les campus lillois", explique Youri Van Leynseele, directeur opérationnel du site. "Nous nous trouvons à un peu plus d’un kilomètre du métro et nous allons mettre en place un système de navettes pour faciliter les déplacements."

Bridgestock a donc mis le paquet pour que ces logements soient disponibles dès la mi-août. Et vu les tarifs pratiqués et le confort proposé, il se pourrait bien que les demandes soient nombreuses.

"Cela va de 242 € à 445 € par logement, toutes charges comprises. Nous proposons également des logements pour deux étudiants", indiquent encore Youri Van Leynseele et Pascal De Poorter. "Notre offre comprend également de nombreux services, que ce soient l’espace commun, une petite salle de sport, un bar, le parking privé… Ajoutons à cela que, pour les parents, il s’agit toujours d’un bâtiment surveillé et entretenu, ce qui n’est pas négligeable."

D’autres projets encore

Dans un avenir plus lointain que celui de la résidence pour étudiants, le Refuge devrait abriter plusieurs autres projets. Bridgestock travaille ainsi d’arrache-pied pour que le site du Refuge accueille également une résidence-services pour personnes âgées ainsi qu’un centre pour personnes handicapées mentales.

"Notre but est que l’on puisse regrouper tous les groupes d’âges sur le site. Notre vision est de pouvoir créer une sorte de village d’accompagnement et de soins non-médicaux. Nous voulons quelque chose où toutes ces personnes pourront se rencontrer si elles le souhaitent, un lieu mixte et vivant", explique Youri Van Leynseele.

Pour ce qui est du centre pour personnes handicapées mentales, Bridgestock veut offrir une certaine autonomie aux résidents. "Notre objectif serait de les rendre plus indépendants, de leur apprendre des choses et pas uniquement de vivre comme un centre fermé", ajoute-t-il.

Youri Van Leynseele et son collègue Pascal de Poorter sont également en train de prendre leurs renseignements afin d’intégrer une crèche au sein de leur projet. "Nous avons déjà eu un premier rendez-vous avec l’Office de la naissance et de l’enfance et un deuxième est déjà programmé. Tout cela est donc encore à l’étude, mais c’est ce que nous voulons concrétiser", expliquent les gestionnaires du Refuge.

Sur place , chaque aile devrait ainsi accueillir un projet bien distinct et ceux-ci pourraient alors se rejoindre au sein des espaces communs. "Nous devrions pouvoir accueillir entre 50 et 100 personnes âgées dans des petits appartements qui peuvent convenir à des couples. Des chiffres plus ou moins identiques à ceux que l’on envisage pour les étudiants et les personnes handicapées", précise encore Pascal de Poorter.

Au total, ces projets devraient créer plus de 60 emplois. "À ce sujet, nous essaierons au maximum de retravailler avec les personnes qui faisaient partie de notre équipe pour l’encadrement des réfugiés", conclut Youri Van Leynseele.