Tournai-Ath-Mouscron L’entreprise Cosucra finalise un projet d’investissement de 35 millions d’euros

Active dans la recherche et le développement d’ingrédients alimentaires naturels issus de la chicorée et du pois, l’entreprise Cosucra, basée à Warcoing, a finalisé un projet d’investissement initié en 2013.

La première phase portait sur la construction d’une seconde ligne de raffinage des protéines de pois, d’une troisième ligne de reconditionnement et d’une extension des halles de stockage des matières premières et des produits finis. La seconde phase de l’investissement a consisté à remplacer complètement le traitement final de la protéine et son séchage.

L’investissement s’élève à 35 millions d’euros. Il a permis la création de 40 emplois, l’entreprise comptant 280 travailleurs maintenant. "Cet investissement est né d’une idée fondamentale", explique le patron de Cosucra, Jacques Crahay. Les consommateurs veulent quelque chose qui soit le plus proche du naturel, sans procédé chimique, sans addition de produits. "Il y a depuis quelques années une tendance de fond en matière d’alimentation végétale et plus précisément de protéines végétales."

Aujourd’hui, 3,8 millions de tonnes de protéines animales sont produites par an, "contre 1,7 million de tonnes de protéines végétales raffinées, dont 1 million de protéines de soja. La seconde protéine, c’est le blé. Le pois, cela ne représente que 75.000 tonnes dans le monde entier. Un petit chouia. Nous sommes le petit chouia."

Cosucra est le patron sur le marché des protéines de pois. Mais d’autres industriels ont flairé le créneau. Une entreprise a été construite en France. D’autres vont suivre aux États-Unis.

L’investissement de l’entreprise belge doit donc permettre à l’entreprise Cosucra de consolider sa position et même de prendre de l’avance. "Nos produits partent surtout en Europe. Mais nous sommes aussi présents aux États-Unis depuis cinq ans maintenant. Nous avons de la capacité et nous allons pouvoir prendre une part de marché pour l’exportation de nos produits avant que les nouvelles entreprises ne soient créées aux États-Unis."

Cent soixante-cinq ans après la création de l’entreprise, Cosucra travaille en partenariat avec plus de 400 fabricants de produits alimentaires qui utilisent ses ingrédients dans plus de 1.500 références à travers le monde.

L’extension de l’outil de production coïncide d’ailleurs avec la création d’une filiale commerciale à Chicago, aux États-Unis.

Les protéines végétales sont bien plus respectueuses de l’environnement que les protéines animales

Jacques Crahay a du nez. C’est certain. Le créneau des protéines végétales a un bel avenir devant lui. Tout simplement parce que ce créneau s’inscrit dans certaines tendances.

"Il y a une certaine tendance chez les consommateurs qui prennent notamment conscience que l’environnement est important et avec le pois, il n’y a pas d’azote apporté au champ", explique Jacques Crahay. Pour Jacques Crahay, le pois est une source de protéine respectueuse de l’environnement. Un des chiffres pour souligner cette assertion : la culture de protéines végétales requiert cinq à dix fois moins de terres agricoles que les protéines animales.

3.200 litres d’eau sont nécessaires pour faire un kilo de protéine de pois

Encore une autre donnée : le nombre de litres d’eau pour produire un kilo de protéine. 3.200 litres d’eau sont nécessaires pour faire un kilo de protéine de pois. À l’inverse, pour faire un kilo de protéine de bœuf, il faut 588.235 litres d’eau.

Et dans le classement de ces deux données, la protéine de pois fait même mieux que les autres protéines végétales, celles de soja, de blé et de riz.

À noter également que les pois ne viennent pas de très loin puisqu’ils sont essentiellement produits dans le nord de la France et qu’ils sont amenés via voie fluviale puis camions jusqu’à l’entreprise Cosucra. Et quand l’Escaut sera mis à gabarit, les bateaux pourront arriver jusqu’au quai devant l’entreprise. De quoi soigner l’image verte de Cosucra.

L’entreprise suit aussi de près l’évolution du monde des substituts et des analogues de viande qui contiennent des protéines végétales. "Il y a notamment un très gros engouement aux États-Unis pour des hamburgers végétaux purs par exemple. Ils imitent même la texture, le goût, la couleur."

Le végétarisme et le végétalisme, c’est de plus en plus tendance, même auprès des amateurs de viande. Les produits sont ainsi passés des épiceries aux magasins grand public et aux chaînes discount. Ils se trouvent également dans les restaurants.

Et forcément, la protéine de pois étant végétale, Cosucra a une carte à jouer dans ce domaine.