Tournai-Ath-Mouscron Véronique Waroux, ravie de l’issue favorable pour la basilique, revient sur ce dossier et sur ses priorités en tant que parlementaire

Députée wallonne, sénatrice (CDH) et conseillère communale (AC), Véronique Waroux était ravie de voir que la première phase des travaux de la basilique a reçu le feu vert et les subsides du gouvernement wallon. Pour le reste, la citoyenne de Bon-Secours est à la croisée des chemins.

L’heure des grands choix approche pour celle qui est ingénieur civil (des Mines) de formation.

Rencontre avec une femme considérée par certains comme infernale.

La basilique, c’est devenu votre dada ?

"Je me suis battue pour la basilique. Évidemment, je n’ai pas eu la main sur toutes les étapes puisque j’ai dû partir fin 2012 en tant qu’échevine. Mais j’ai toujours suivi le dossier de près. Quand je pense à l’état du campanile, enlevé en 2004 et saccagé en 2007 alors qu’il était prétendument entreposé bien au chaud. Sinon, l’auteur de projet, il faut l’accompagner, sans mettre la pression mais avec le souci de voir le travail se réaliser. Trois données sont cruciales : la qualité de l’exécution, le respect des délais et le budget."

Dans ce dossier, quelques-uns vous reprochent de tirer la couverture à vous. Vous êtes d’accord ?

"Pas du tout. Je sais que la visite du ministre Collin n’a pas plu à tout le monde. Il faut faire la différence entre une conférence de presse ou une inauguration, pour lesquelles tout le monde est invité, et une visite de courtoisie d’un ministre ou plus encore une visite de parti. Certains ont manqué d’élégance envers moi par le passé, et je m’en suis souvenue. Oui, René Collin, je l’avais invité il y a quinze jours. Mais vous savez, je suis vénale (rires). Ce que je voulais, c’était l’argent du ministre pour ce bâtiment. Je l’ai obtenu. Mais tirer la couverture à moi, je n’en ai pas l’impression. Dans ce dossier, la commune a trop tardé. Moi, je ne pouvais intervenir qu’une fois le dossier ficelé sur le plan technique. Et la fabrique a été réglo avec la commune aussi en se montrant patiente."

Le paradoxe du parlementaire, c’est quoi pour vous ?

"Quand on est député, on doit pousser des dossiers. Mais quand on le fait, on vous reproche parfois justement de trop en faire et d’avoir des préférences. Mes deux priorités en tant que parlementaire étaient Polaris et la basilique. Je ne m’en cache pas."

En quoi le rôle de députée diffère-t-il de celui d’élue communale ?

"Je suis en politique depuis 2006, soit onze ans. J’ai donc pu observer. Le travail à l’échelon communal est assez différent, c’est vrai, de celui au Parlement. À la commune, j’avais été emballée tout de suite. J’avais dix idées par jour. Le volet urbanistique m’a par exemple beaucoup plu. J’ai connu le secteur privé, où on décide tout de suite. À la commune, ça demande plus de temps. Il faut s’y faire. Au Parlement et au Sénat également ! Moi qui suis obsédée par l’obligation de résultats, j’ai dû mordre sur ma chique."

Vos prises de position sur Ideta ou par rapport à Pairi Daiza en ont agacé plus d’un. Vous persistez ?

"Par rapport à Ideta ou à Pairi Daiza, le citoyen m’indique que j’ai raison. Des industriels et des responsables d’institutions aussi. De là à ce qu’ils se mouillent, c’est autre chose. Pour certains, je serais une sorte de Jeanne d’Arc un peu folle et populiste. Or, j’ai mis le doigt sur certaines questions, et encore bien avant le scandale Publifin. Et quand j’observe la position d’Ideta au rayon du cadastre des intercommunales, j’ai eu raison de m’interroger sur des choix, des options."

La politique, ça change quelqu’un ?

"Fondamentalement, je n’ai pas changé. Mais j’ai quand même développé ce côté social ou sociable, le fait d’aller vers les gens. Ce que je ne soupçonnais pas. Je n’avais pas de talent inné pour serrer des pinces. Et en plus, je ne suis pas du tout physionomiste. C’est un souci. Si vous donnez votre carte deux fois à la même personne, ça fait mauvais genre ! En même temps, ma vision des choses a parfois changé. Ainsi, j’ai découvert au fil des ans et de mon travail d’échevine le gros potentiel de Péruwelz et je pardonne encore d’autant moins cette absence de grandes perspectives. Sinon, je suis restée très nature dans un milieu qui ne l’est pas. J’ai gardé ma liberté de ton, ma franchise. Et ça ne plaît pas toujours, que ce soit à n’importe quel échelon."

Geoffrey Devaux