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Jovanovic : “J’avais besoin de ce but contre le Club Bruges”

(18/01/2012)

Milan Jovanovic explique à la Jova pourquoi il n’a pas marqué en décembre et pourquoi il est parfois impulsif : “Je veux donner un message aux autres”

BRUXELLES Pour un journaliste, il n’y a pas de personnage plus agréable que Milan Jovanovic pour réaliser une interview. Hier, pendant une heure, il s’est montré parfait dans le rôle de l’amuseur.

Après une petite baisse de forme en décembre, vous vous êtes bien rattrapé contre Bruges.

(Longue réflexion) “Je ne suis pas entièrement d’accord avec cette baisse de forme. Je n’ai pas marqué, c’est vrai. Mais j’ai donné des assists. Et j’ai réalisé de très bons matches. J’ai mieux joué que je ne l’aurais pensé en entrant dans cette saison. Je n’ai mal joué que deux matches : contre Malines et OHL. Parce que j’étais fatigué du déplacement à Athènes. (Il réfléchit encore) Mais vous avez raison : le but contre Bruges est tombé au bon moment.”

Pourquoi ?

“Parce qu’on attend beaucoup de moi. Quand je marque, c’est normal. Quand je ne marque pas, c’est bizarre. (Il frappe sur la table !) Alors que je ne suis pas un attaquant ! Je dois faire la différence à 35 ou 40 mètres du but ! Je dois faire beaucoup de travail défensif, et je dois être au bon endroit devant le but.”

Vous préféreriez être attaquant ?

“Non ! Je fais ce qui est bien pour l’équipe. Je travaille et je me bats pour ce club. Anderlecht doit être champion, pas Jovanovic. Quand je me sens bien physiquement, comme dimanche, je sais être le Jova que j’aime être. Et alors, je dois être un des meilleurs joueurs de ce championnat. J’aime cette pression.”

Vous avez prouvé que vous êtiez encore rapide. Aussi rapide qu’au Standard ?

“Je crois. Quoique... Normalement, je ne suis pas rapide. Dimanche, je ne savais pas ce qu’il m’arrivait.” (Il rit)

En prime, vous avez marqué du pied droit.

“Il est bon, mon pied droit. Il m’a souvent aidé à marquer. Je ne frappe pas de façon ausssi naturelle que du gauche, mais quand même...”

Jacobs ne s’est déridé que quand vous étiez nez à nez avec lui. Vous l’avez vraiment invité à un citytrip à Belgrade.

(Rires) “On blague souvent ensemble. Je suis venu vers lui parce que je savais qu’il était content de me voir marquer. Il savait que j’avais besoin de ce but. Il ne m’a jamais mis sous pression pour marquer. Je me mets la pression moi-même.”

Bruges est votre victime favorite. Vous avez déjà marqué neuf fois contre le Club ?

“Dix fois ! (Il fait le calcul et en toute fin d’interview, il nous donne “peut-être” raison) D’accord. Je marquerai donc mon dixième but la prochaine fois. Je sens que vous me mettez la pression. (Il rit et réfléchit) J’aimerais quand même revenir à votre première question. Même quand je suis en grande forme, il faut accepter que je joue parfois un mauvais match. C’est également le cas des autres joueurs. Je ne suis qu’un être humain.”

Autre élément qui frappe : vous n’arrivez pas, sur le terrain, à cacher votre mécontentement ?

“Cela ne dure que quelques secondes. Quand j’ai jeté mes gants à terre au Standard parce que j’étais fâché sur Mbokani, c’était oublié le lendemain. Je ne suis en guerre avec personne, je n’aime pas les conflits. Interrogez les autres : je ne crois pas qu’ils me reprochent mon impulsivité.”

Dimanche, c’est avec Deschacht que vous n’étiez pas d’accord ?

“Je compare cela à la claque que j’ai une fois donnée à Jacobs après un but. Vous dites que c’était une gifle, moi je dis que c’était une caresse. (Rires) La même chose avec Oli. Vous dites que c’était un incident. Moi, je dis que c’était amical. C’était un message énergique de ma part, pour aider l’équipe. Je n’ai jamais lancé des noms d’oiseaux aux autres. J’ai une bonne relation avec tout le monde. Mais il n’y a qu’une chose qui compte : le titre. Ce n’est que pour cela que je suis venu ici.”

Quel est le plus beau moment de votre carrière ?

“Mon but à la Coupe du Monde contre l’Allemagne. C’était le premier but officiel de la Serbie à un Mondial, et la première victoire de mon pays, en 38 ans, face à l’Allemagne.”

On a d’ailleurs bien cru qu’on ne vous reverrait plus jamais après votre saut dans le fossé autour du terrain.

“J’étais tellement heureux que je pensais que je savais voler, my friend. Or je me suis trompé...” (rires)



Interview > Yves Taildeman

© La Dernière Heure 2012

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