Athletisme Intouchable dans les épreuves combinées, la championne belge brigue, ce vendredi, le titre prestigieux d’Athlète IAAF de l’année.

D’Étoile montante de l’athlétisme, une récompense qui lui a été décernée l’an dernier au même endroit, au titre suprême d’Athlète de l’année, il n’y a qu’un pas que Nafissatou Thiam pourrait bien franchir, ce vendredi soir à Monaco, au cours de la prestigieuse cérémonie des IAAF Athletics Awards.

Couronnée sur la grande scène des Jeux à Rio, en 2016, la Namuroise n’a pas été frappée du syndrome postolympique se traduisant par une phase de décompression. Bien au contraire, la jeune championne a appuyé sur le champignon, étendu le domaine de ses compétences et surclassé la concurrence pour s’arroger les deux grands titres mis en jeu cette année : le titre européen en salle et, surtout, le titre mondial - le premier de l’histoire de l’athlétisme belge - en plein air. Le fruit de son talent, de son travail, de son intelligence, de sa patience et d’une collaboration sans nuage avec son entraîneur Roger Lespagnard.

Mais c’est entre ces deux coups d’éclat aux reflets dorés que Nafi Thiam a peut-être encore frappé le plus fort : en état de grâce lors de son premier heptathlon de la saison, à Götzis, une compétition d’une densité de performances remarquable, l’étudiante en sciences géographiques a établi un nouveau record de Belgique à plus de 7.000 points (7.013 exactement), un seuil que seules trois heptathloniennes avaient franchi avant elle et le meilleur résultat depuis dix ans.

"C’est juste… incroyable !" sourit, à chaud, la jeune femme, partagée entre émotion palpable et une immense satisfaction.

Entrée dans une nouvelle dimension cette année, semblant évoluer désormais sur une autre planète que ses concurrentes, Nafi Thiam, considérée comme l’athlète la plus complète de la planète au regard de la nature même de sa discipline, peut-elle donc voir lui échapper le titre d’Athlète de l’année ?

"Il y a une bonne chance que le meilleur athlète au monde soit une femme", avait lancé, sur Twitter, Ashton Eaton, le plus grand décathlonien de l’histoire de l’athlétisme, au soir du triomphe de Thiam à Götzis.

Tandis que Wayde van Niekerk, Mo Farah et Mutaz Essa Barshim sont opposés dans la catégorie hommes, la logique sportive voudrait, en effet que notre compatriote soit sacrée devant la perchiste Ekaterini Stefanidi et la coureuse de fond Almaz Ayana, et devienne, outre la première athlète belge de l’histoire à inscrire son nom au palmarès, la première spécialiste des épreuves combinées depuis l’Américaine Jackie Joyner-Kersee en 1994 à remporter ce prix fondé en 1988.

Il faut juste espérer que les votants ont pris toute la mesure des exploits de notre heptathlonienne, pour qui il est… impossible de se produire sous les lampions de la Diamond League.