Athletisme Ismaël Debjani découvrira les Mondiaux sur 1.500 m ce jeudi soir

Versé dans la troisième série du 1.500 m, ce jeudi, Ismaël Debjani, certes moins en forme que lorsqu’il établit son superbe record de Belgique (3:33.70) à Hengelo le 11 juin dernier ("Un hold-up !"), défendra, à 21 h 49, ses chances de qualification pour les demi-finales du lendemain. L’athlète de 27 ans n’a, en fait, rien à perdre.

"Il n’y a pas de touriste ici, ce sera dur !" lance le Jumétois, qui en sera à sa première participation après avoir découvert le niveau européen l’an dernier. "Je n’ai couru de course tactique qu’à l’ Euro d’Amsterdam (NdlR : 11e de la finale). Cela m’avait réussi en séries, je suis passé par des trous de souris. Pour le même prix, j’étais éjecté. Les gens ne s’imaginent pas le niveau des Championnats du Monde. L’Europe, c’est dur, mais tu peux aller en finale. Ici, si cela tombe, je vais être éliminé en séries. Je n’ai pas d’expérience. Pour faire de bonnes courses, il faut beaucoup d’expérience."

Surtout, Ismaël Dejbani revient à peine dans le parcours après s’être blessé au mollet à Heusden le 22 juillet dernier. "Il y a dix jours, j’envisageais encore de déclarer forfait !" dit-il. "J’ai quand même pu faire un gros bloc d’entraînements la dernière semaine mais, du coup, je suis moins frais que prévu. Ceci dit, je suis content d’être au départ, c’est un peu la récompense de ma bonne saison où j’ai atteint mes objectifs. Je suis serein et l’envie est là."

Sur sa lancée, Ismaël Dejbani disputera encore la Diamond League de Birmingham, le 20 août, sur le mile, et au Mémorial Van Damme. "Tout est plus facile avec un chrono de 3:33. Ce qui m’embête, c’est que je dois annuler mes vacances au Maroc chez mes grands-parents", grimace le sympathique successeur de Christophe Impens ("Je dois toujours aller boire un verre avec lui !"), qui s’étonne un peu d’être le seul coureur belge de 1.500 m à Londres. "On avait, en effet, beaucoup parlé de Kimeli, Callahan, Moukrime, même Baeten, en l’absence de Hannes, blessé."

Prévoyant d’habiter chez ses parents "jusqu’à Tokyo 2020", Ismaël Debjani reconnaît volontiers que le record de Belgique a entraîné un relâchement de la pression. "Je ne me sens pas prêt à courir en 3:32 et, mentalement, je n’ai plus envie de me faire mal. Je négocie tous les jours avec mon entraîneur pour arrêter une série plus tôt. Mais il a le dernier mot !"

"Le titre de Nafi est motivant"

La médaille d’or de Nafi Thiam à l’heptathlon a le don de motiver les autres membres de la délégation. "J’aurais voulu faire une photo de la médaille de Nafi mais malheureusement, je ne l’ai pas croisée, sourit Isma. C’est chouette, ce qui lui arrive. Ça fait deux ans qu’elle est vraiment au top. C’est motivant pour tout le monde ! Si elle l’a fait, pourquoi pas un autre ?" Le spécialiste du demi-fond dit comprendre la pression qu’elle a pu ressentir. "Moi-même, j’ai désactivé Facebook quelques jours. C’était toujours les mêmes questions, fois deux mille ! On me parlait de finale, même de médaille. Maintenant, peut-être que mes adversaires ne vont pas se méfier de moi, comme je suis tout petit."