Athletisme Jacques Borlée était satisfait de l’argent et de la prestation des Belgian Tornados.

Tradition oblige, le 4x400 m masculin clôture toutes les compétitions internationales. Mais, ce dimanche, entre le tour d’honneur des gladiateurs des temps modernes, parmi lesquels Niels Pittomvils, et les nombreuses cérémonies protocolaires, le temps a dû sembler bien long aux Belgian Tornados. Après une heure d’attente dans la chambre d’appel, Robin Vanderbemden, Julien Watrin, Kevin Borlée et Dylan Borlée purent, enfin, monter sur la piste.

Au couloir 6, les Belges, champions d’Europe en titre, avaient tous leurs adversaires dans leur dos. Assis sur son plot de départ, Robin tenta d’évacuer la pression inhérente à son rôle de premier relayeur pendant que Kevin et Dylan buvaient encore un coup d’eau.

Il est vrai que l’Arena serbe était surchauffée après le triomphe de son idole, la toute belle Ivana Spanovic, à la longueur.

Puis, vint le moment du départ et d’un premier 150 m en couloirs, dont Robin sortit bien placé. Maintenant la cadence, le Liégeois de 23 ans repoussa tant bien que mal les attaques de ses rivaux jusqu’aux 250 m, moment où il connut un passage à vide. Aux 300 m, il fut victime d’une bousculade.

"Heureusement, ça a bien tourné, mais j’ai craint le pire !" avoue sérieusement Jacques Borlée. "Je lui avais demandé de placer une accélération aux 250 m, mais Robin n’en fut pas capable. Sans doute est-il parti trop vite… Ce n’était pas facile, au couloir 6, avec toute cette meute derrière lui. Mais ce fut une excellente expérience. En fait, ce que je recherchais en l’alignant d’entrée."

Robin céda, alors, le témoin à Julien en troisième position et les Belgian Tornados devaient jouer des coudes, ce dont le Luxembourgeois s’acquitta fort bien puisqu’il remonta à la deuxième place avant de céder le relais à Kevin, pour une fois au poste 3. Fort de son expérience, Kev mit les bouchées doubles pour maintenir notre équipe en tête.

"Et pourtant, ce n’était pas du grand Kevin !" juge Jacques. "Même s’il avait mieux récupéré que Jonathan, il manquait de fraîcheur. Avec un brin de vitesse en plus, il pouvait alors mettre Dylan sur orbite, c’est-à-dire définitivement en tête."

Car la victoire et le titre se sont sans doute joués dans l’épaule contre épaule entre Dylan et le quatrième relayeur polonais qui prit l’ascendant et ne le lâcha plus.

"Qu’à cela ne tienne, avec cette médaille d’argent, je pense que nous avons rempli notre mission. Mis sous pression, nos jeunes, en particulier Robin et Dylan, ont bien géré leur affaire tandis que Julien a été égal à lui-même. À la bagarre, il a du répondant."

Au bout du compte, la Belgique a donc laissé filer son titre européen dont la Pologne s’est emparée. Mais notre pays n’a pas à rougir ! Avec Jonathan, cette finale aurait peut-être tourné en notre faveur, mais l’objectif, ici, était avant tout d’expérimenter.

"Il y a encore de petites erreurs. Quoi de plus normal ? Mais si je ne tente pas ici, quand le pourrais-je ? Vous savez, Jonathan et Kevin ne sont pas éternels. C’est pourquoi cette médaille d’argent est encourageante pour l’avenir."

Il est vraiment toujours optimiste, maître Jacques !