Athletisme

Jonathan, Kevin et Dylan se confient à la DH.

Kevin : "Il faut garder l’ambition de faire de grandes choses"

S’il a mis la pédale douce à l’entraînement depuis les Mondiaux, Kevin Borlée a encore couru deux 400m en Diamond League ensuite (Birmingham, 6e en 46.23 et Zurich, 5e en 45.77) et un 100m à Bruxelles. De quoi empocher des primes intéressantes (2.000 €, puis 5.000 €) et garder le rythme de la compétition.

"À Londres, avec le virus contracté, j’avais été loin dans les réserves énergétiques. J’essaie donc de ne pas trop en faire et de récupérer au maximum", dit-il. "Il y a encore le Van Damme , puis ce sont les vacances. On a la chance d’avoir en Belgique l’un des plus beaux meetings au monde, c’est motivant. C’est toujours un plaisir de courir à Bruxelles dans ce stade. À Zurich, ma course était homogène, ça allait déjà mieux qu’à Birmingham où j’avais un peu payé la somme des efforts consentis à Londres. J’espère donc bien terminer ma saison ce vendredi."

Une saison à l’issue de laquelle le champion d’Europe 2010 du 400m s’efforce de rester positif. "On était forts, mais il nous a manqué un petit quelque chose que Jo et moi, on n’a trouvé que tard dans la saison. Mais il faut voir aussi ce qui a bien fonctionné. On a été présents, on a fait de belles courses, on peut quand même être satisfaits de nos championnats. Peut-être que le virus s’est déjà déclaré en demi-finale, je n’en sais rien. On était capable de mieux mais c’est comme ça, c’est le sport. On ne peut pas tout expliquer. Un chrono de 45.08, ça reste rapide. Prenez un vélo, roulez à 32 km/h et vous verrez ! Je suis 11e mondial, 2e européen, ce n’est pas si mal. Et pour ce qui est du relais, on va se servir de notre frustration pour aller plus vite et aller chercher la grosse perf que l’on espère. Même quand on rencontre une difficulté, il faut continuer à aller de l’avant, à avoir l’ambition de faire de grandes choses."

Jonathan : "Tirer les conclusions et faire mieux l’an prochain"

Rentré en quatrième vitesse de Grande-Bretagne, au soir même de la dernière journée des Championnats du Monde marquée par la 4e place des Belgian Tornados sur 4 x 400 m, Jonathan Borlée a assisté à la naissance de sa petite fille, Ambre, dans les heures qui ont suivi son retour en Belgique.

"C’est un grand bonheur ! Tout se passe très bien, je profite de chaque seconde, sourit-il. C’est mon premier enfant, c’est donc une découverte de tous les instants. On apprend chaque jour…"

Ce samedi, le détenteur du record de Belgique du 400 m a rechaussé les pointes à l’occasion d’un 100 m organisé dans le cadre de l’AG Urban Mémorial Van Damme. Avec, à la clé, un chrono de 10.47 très satisfaisant vu le contexte familial actuel et les courtes nuits qui sont les siennes. "Je ne m’attendais pas à pouvoir battre le record de… mon père [NdlR : 10.49], sourit-il. Peut-être que c’est cela qu’il me faut : ne pas trop dormir !"

À l’heure de clore bientôt sa saison, Jonathan Borlée tire un bilan mitigé. "La grosse frustration que je nourris, vient de ma blessure aux ischios qui m’a coûté deux mois dans ma préparation et du manque de sensations qui en a découlé, poursuit-il. L’athlétisme au plus haut niveau, c’est une question de fins réglages et je n’ai pas réussi à les trouver. À mon meilleur niveau, j’aurais pourtant pu franchir le cap des demi-finales et quand je me suis mis dans les blocs, c’était avec cette idée-là en tête, signer la meilleure performance possible. Mais cela n’a donc pas fonctionné. Ce n’était pas ma meilleure saison, mais il y a quand même eu quelques bonnes choses. On va tirer toutes les conclusions pour faire mieux l’année prochaine. Ce vendredi ? Je ne fais aucun pronostic, on verra le jour même…"

Dylan : "J’ai beaucoup appris au cours de cette année"

Ambitieux, Dylan Borlée, resté bloqué à 46.10 sur 400 m, avoue sans peine qu’il n’a pas rencontré ses propres objectifs au cours de la saison 2017 où il a disputé les séries et la finale du relais 4 x 400 m aux Championnats du Monde de Londres à l’occasion de sa troisième participation. Pas d’individuel pour lui lors de ce rendez-vous planétaire et "une grosse frustration" au bout du compte avec la quatrième place du relais 4 x 400 m.

"En prenant un peu de recul, il faut cependant dire que tout n’a pas été négatif, analyse l’athlète de 24 ans. Quand je vois mes temps sur 200 m et sur 300 m (NdlR : 21.05 et 32.51, deux records personnels), je me dis que je peux quand même m’appuyer sur certaines qualités de vitesse qui auraient déjà dû me permettre de descendre sous les 46 secondes les doigts dans le nez. J’espérais sortir un chrono fin juin, début juillet, mais les conditions n’étaient pas de la partie. Et puis, il faut bien admettre que si je ne suis pas encore parvenu à exploser sur 400 m, c’est aussi parce qu’on a changé certaines choses et commis des erreurs dans ma préparation. J’avais un souci au pied et j’ai perdu un peu de dynamisme au sol en trouvant une solution. Au final, j’ai beaucoup appris et j’espère en tirer les bénéfices l’an prochain."

Mais d’abord, il y a un 400 m à domicile à honorer ce vendredi lors du Mémorial Van Damme où le plaisir de courir sur sa piste fétiche et devant ses supporters se mêle à la souffrance. "Je ne m’aligne pas particulièrement avec un sentiment de revanche, si ce n’est très personnel, mais j’espère avoir de bonnes jambes et de bonnes sensations pour être capable de réussir une bonne performance", conclut le cadet des frangins.