Athletisme Bashir Abdi et Soufiane Bouchikhi éliminés de justesse en séries du 5000m

Bashir Abdi et Soufiane Bouchikhi ne sont pas parvenus à se qualifier pour la finale du 5000m mercredi lors de la sixième journée des Mondiaux d'athlétisme à Londres. Ils ont pris respectivement la sixième et la onzième place de leur série. Pour accéder à la finale prévue samedi à 21h20, il fallait terminer dans le Top 5 de sa série ou réaliser un des cinq meilleurs chronos des non-qualifiés. Les deux Belges ne sont pas passés loin de la qualification.

Concourant dans la première série, Abdi s'est maintenu dans les premières positions durant la majorité d'une course caractérisée par la pluie. Au moment décisif dans la dernière ligne droite, le Belge d'origine somalienne n'est pas parvenu à répondre à l'accélération des meilleurs pour terminer 6e en 13:30.71. Cette première série a été remportée par l'Éthiopien Yomif Kejelcha en 13:30.07 devant le favori le Britannique Mo Farah (13:30.18), en quête d'un quatrième titre de champion du monde sur la distance.

Soufiane Bouchikhi était quant à lui versé dans la seconde série. Pour ses premiers championnats du monde, il a opté pour une tactique de course différente. Bouchikhi est en effet resté en queue de groupe et a tenté de remonter dans la dernière partie de course. Il a finalement terminé à la 11e place en 13:28.64 et est le premier des non-repêchés. C'est l'Éthiopien Selemon Barega qui a remporté la seconde série en 13:21.50. Le dernier des repêchés est l'Érythréen Awet Habte qui a couru en 13:27.70, 94 centièmes plus vite que Bouchikhi.

"Dommage, j'étais trop juste dans les derniers cent mètres" (Bashir Abdi)

"Je me suis battu, mais j'étais trop juste dans les derniers cent mètres". Bashir Abdi a échoué à la 6e place de la première série du 5000 m, mercredi soir aux championnats du monde d'athlétisme de Londres. Seuls les cinq premiers étaient qualifiés. Il a échoué à 35/100es de seconde de l'Erythréen Aron Kifle 5e. Les cinq meilleurs temps des non-qualifiés à la place sur l'ensemble des deux séries rejoignaient également la finale samedi soir. Ils ont tous été issus de la 2e série. "Je n'ai pas été assez actif dans le sprint. Mes muscles ne répondaient pas. Le sprint c'est mon point faible. Dommage, dommage, dommage."

"J'ai été soutenu toute la course par Mo (Farah, la star britannique originaire comme lui de Somalie, ndlr). Il a toujours couru au 2e couloir et ainsi m'a permis de courir à la corde. Il m'a conseillé de ne pas accélérer, de rester à la corde. J'ai fait une course intelligente mais je ne suis pas parvenu à conclure."

"Peut-être devrais-je aller m'entraîner avec Jacques Borlée pour améliorer mon sprint", a ajouté non sans humour le Gantois d'adoption.

"Il ne me reste plus qu'à espérer qu'ils fassent une bête course dans la seconde série. Mais ils ont les infos du temps à réaliser."

Ils n'ont pas répondu au souhait de Bashir Abdi. Son chrono de 13:30.71 a été battu par treize coureurs de la seconde série. L'élimination était officialisée.

Il termine 19e au classement de l'épreuve.

"J'ai mal calculé, ça fait mal de manquer la finale de justesse" (Soufiane Bouchikhi)

Une belle "drache nationale" s'était pourtant abattue sur Londres, mercredi soir. Les éléments n'ont pas pour autant souri aux deux Belges engagés dans les séries du 5000 m des championnats du monde d'athlétisme. Après Bashir Abdi, qui a échoué à une place de la qualification dans sa série, c'est en effet Soufiane Bouchikhi qui a lui aussi manqué sa qualification pour une place, au temps, et en raison d'un mauvais calcul de sa part. "Ça fait vraiment mal" a-t-il reconnu. "Je savais que j'allais courir en-dessous des 13:30 (le temps à battre pour devancer les coureurs de la 1e série, dont Bashir Abdi, ndlr). Je me disais qu'il fallait juste finir avec les dix premiers. Là, j'ai mal calculé. Il y avait un groupe qui est parti devant. Je pensais qu'ils étaient neuf. Puis, il y avait deux coureurs juste devant moi que j'étais sûr de battre au sprint parce que j'avait encore beaucoup de jus. Mais en fait ils étaient dix devant, d'où ma déception. Je pensais être 10e et je me vois à l'arrivée 11e."

"Je suis classé 16e mondial du 5000 m, mais ce sont les quinze premiers qui passent en finale. Ça fait plus mal que si j'avais terminé 25e. Là je me serais dit, 'j'ai fait une bonne expérience, mais je n'étais pas assez bien pour aller en finale'. Dans ces circonstances, avec mon sprint, le risque que je n'ai pas pris (suivre le groupe devant lui, ndlr), c'est cela qui fait vraiment mal."

"J'aurais tellement aimé rendre mon pays, la Belgique, fier."

Thomas Van der Plaetsen, en délicatesse avec son genou, aborde le décathlon prudemment

Il n'a pas pu disputer le moindre décathlon complet depuis sa brillante 8e place aux Jeux de Rio, il y a douze mois. Thomas Van der Plaetsen, qui a vaincu un cancer diagnostiqué en octobre 2014, souffre cette saison du genou.

Conséquence d'une plaie ouverte survenue en novembre. Son ambition de rejoindre le Top 5 mondial à l'occasion des "World" de Londres, formulée en début d'année, est reportée à plus tard. Le Gantois serait en effet déjà content s'il atteignait "les 8.000. Mais j'aimerais évidemment m'approcher des 8.100, 8.200 points. La forme n'est pas super mais suffisante pour réaliser une performance." Son record personnel se situe à 8.332 points. Il a été établi aux JO de Rio en 2016.

"Le genou va comme ci, comme ça. Il évolue bien, mais il faudrait encore un ou deux mois pour qu'il soit totalement guéri. Ces deux derniers mois ont été consacrés à me permettre de boucler le décathlon", a confié le champion d'Europe.

Thomas Van der Plaetsen a hésité à participer à ces Mondiaux. En mars, avril et mai, il ne pouvait pas vraiment sprinter, ni sauter.

C'est en effet, dans ces épreuves, notamment le saut en hauteur (son point fort) qu'il est le plus handicapé par son genou.

"Ma saison est difficile, il faut bien l'avouer. L'an dernier le coude m'avait coûté beaucoup de points. Il est aujourd'hui en ordre. Mes lancers ont été bien meilleurs à l'entraînement. Des records personnels sont possibles au poids et au javelot."

"J'ai fait le choix de continuer malgré mon genou. Le week-end dernier, j'ai disputé quatre épreuves d'affilée et j'ai pu m'affûter."

"J'aborde mes 4e Mondiaux consécutifs. C'est déjà une performance en soit."

Lors de ces trois précédents championnats du monde, Thomas Van der Plaetsen avait successivement terminé 13e à Deagu en 2011 (8.069 pts), 15e à Moscou en 2013 (8.255) et 14e à Pékin en 2015 (8.035).

Ses records personnels sont les suivants: 100 m: 11.04; longueur: 7m80; poids: 14m12; hauteur: 2m17; 400m: 48.64; 110 m haies: 14.39; disque: 44m48; perche: 5m41; javelot: 65m31; 1.500 m: 4:32.52.

Kevin Borlée était encore très faible mercredi

Kevin Borlée se remet tout doucement de sa gastro-entérite qui s'est déclarée dimanche soir. S'il a pu reprendre le chemin des pistes mercredi, "il n'a déboulé que très lentement", a confié Jacques Borlée. "Ce n'est pas extra", a précisé le coach des Tornados. "On verra jour après jour." Croisé à l'hôtel, l'intéressé n'affichait en effet pas la grande forme.

"Pour l'instant on reste avec l'équipe A. Si cela ne devait pas aller, il y a un plan B", a précisé Jacques Borlée. "Nous avons une vraie équipe et d'autres solutions."

Kevin Borlée a jusqu'à vendredi pour retrouver ses moyens et effectuer un vrai entraînement.

Les séries du 4X400 m se disputent samedi matin (12h50 belges).

Anne Zagré ne se met pas de pression et reste positive

"Je regarde step by step". Anne Zagré, la championne de Belgique du 100 m haies, s'est mise à l'heure anglaise. Elle aborde ces championnats du monde de Londres "étape par étape". Question sans doute d'éliminer la pression qui lui a parfois joué des tours dans le passé lors des grands rendez-vous. "Je vais me donner à fond, essayer de réaliser une bonne course techniquement pour atteindre la finale."

Après avoir décroché sa place pour Londres dès sa 2e course de la saison le 28 avril, grâce à ses 12.96 de Gainesville, la Bruxelloise n'a pas réussi à améliorer ce chrono. Peut-être qu'une gêne au niveau du psoas, qui l'a empêchée un temps "d'aller à fond à l'entraînement" explique cela.

"Je ne suis pas vraiment inquiète. Cela aurait été bien de signer des chronos rapides. Le plus important c'est de prester le jour J."

Anne Zagré est revenue sur ses déboires dans les dernières grandes compétitions justement les jours J.

"A Belgrade (Euro indoor en mars 2017), cela a été très dur sur le moment même (elle a été disqualifiée en 1/2 finale à la suite d'un faux-départ). Ce n'était pas vraiment un grand objectif. Pour moi, c'est l'été qui m'importe le plus."

"Aux Jeux (de Rio), j'ai eu du mal (elle a trébuché en 1/2 finale) mais j'essaie de garder le positif. Je sais quel était mon état de forme à ce moment-là et cela me booste pour la suite."

"Je pense au fond de moi que je n'ai pas encore donné le meilleur de moi-même. J'espère que 12.71 (son record de Belgique) n'est pas mon maximum. Je pense que je peux courir dans les 12.60. A 27 ans ce n'est pas trop tard. C'est ce qui me motive pour continuer."