Athletisme

La fédération européenne d'athlétisme envisage de remettre les compteurs à zéro. En attendant l'IAAF ?

En réponse aux doutes qui entourent des performances datant d’une époque marquée par le dopage, l’Association européenne d’athlétisme envisage de remettre à zéro tous les records d’Europe. La proposition, adoptée ce week-end lors d’une réunion du conseil de l’EAA, émane d’une commission créée en janvier.

“C’est une solution radicale, c’est certain. Mais les amoureux de l’athlétisme sont fatigués des doutes qui planent sur nos records depuis trop longtemps”, a déclaré le président de l'instance, Svein Arne Hansen. “Nous avons besoin d’une action décisive pour restaurer la crédibilité et la confiance.”

1. Quels records sont concernés ?

Tous les records réalisés avant une date restant à définir – ce pourrait être 2005, année à partir de laquelle les échantillons d’urine susceptibles d’être réanalysés ont été conservés – seraient inscrits dans une catégorie “anciens records d’Europe”.

2. Quelles conséquences pour la Belgique ?

L'application de cette mesure entraînerait la suppression des records d’Europe du 3.000 m (7:26.62) et du 5.000 m (12:49.71) détenus depuis 2000 par notre compatriote Mohammed Mourhit. Celui-ci ayant été contrôlé positif deux ans plus tard, nombreux sont ceux qui ne s'en plaindraient pas.

3. Et les records du monde ?

La proposition, que Sebastian Coe, le président de l'IAAF approuve, va être soumise à la Fédération internationale et étudiée lors de la réunion du Conseil en août prochain. “Pour que cette proposition soit adoptée concernant les records du monde, il faut un accord global", a-t-il indiqué. “Si cela se fait de façon structurée, nous aurons alors une bonne chance de retrouver de la crédibilité dans ce domaine.”

4. Qui des records non sujets à la suspicion ?

C'est l'aspect le plus délicat de cette mesure : les records sur lesquels ne pèsent pas de suspicion de tricherie (l'Américain Mike Powell au saut en longueur ou le Britannique Jonathan Edwards au triple saut) subiraient le même sort que d'autres établis dans des conditions plus que douteuses, par exemple dans les années 80 (l'Allemande Marita Koch sur 400m ou la Tchèque Jarmila Kratochvilova sur 800m). L'ancienne marathonienne britannique Paula Radcliffe, déplorant que les instances n'aient pas réussi à protéger les athlètes "propres", a d'ores et déjà exprimé ses regrets quant à cette tournure des événements. Mais le monde de l'athlétisme, très affecté par les révélations de dopage et de corruption ces deux dernières années, semble prêt à passer par là pour avancer…