Athletisme Ce vendredi, à Bruxelles, Nafi Thiam dispute sa dernière compétition de la saison.

Journée agitée, ce jeudi, pour Nafi Thiam à la veille du 41e Mémorial Van Damme. Entre obligations médiatiques et sortie de gala (en soirée, elle a été présentée à l’ancienne taulière du saut en longueur, l’Allemande Heike Dreschler, membre avec l’ancien champion du monde du 1.500m Steve Cram du Hall of Fame du Mémorial nouvellement créé), la nouvelle championne du monde de l’heptathlon a pris le temps de se confier.

Et visiblement, les quelques jours de vacances en Floride (où elle a assisté au match de baseball entre Miami et San Francisco - "L’ambiance était géniale mais au bout de trois heures, il était temps que ça se termine !") et aux Bahamas lui ont fait beaucoup de bien.

"Je suis partie loin de toute l’agitation pour me reposer un peu et ça a fait du bien. À chaque fois qu’une belle saison se termine, il faut savoir en profiter. Comme je l’ai déjà dit, ma vie ne s’arrête pas à l’athlétisme. Il y a d’autres choses à vivre. Mais, à présent, j’ai hâte de clore cette saison au Mémorial comme chaque année", dit-elle. "C’est un meeting que j’allais voir, étant jeune, avec mon club d’athlé et j’ai plein de bons souvenirs. Me retrouver depuis quelques années sur le stade a changé complètement ma perspective. Et pouvoir fêter à nouveau une médaille d’or avec le public belge, c’est vraiment spécial et ça me fait plaisir d’être là, comme chaque année..."

S’alignant au saut en hauteur, Nafi ne s’attend toutefois pas "à un miracle ou à une performance extraordinaire", insiste la Namuroise dont le record est de 1,98 m. "Je me sens bien, j’ai envie de bien faire devant ce public et je suis quand même restée en mouvement pendant ma période de repos qui était bien nécessaire. Mais à la différence de l’an dernier où je me suis imposée avec 1,93 m - une bonne surprise -, ce sera cette fois une finale de la Diamond League avec la championne du monde de la spécialité (NdlR : la Russe Mariya Lasitskene), en présence de quelques filles à plus de 2 m. Je suis certes motivée à l’idée de sauter devant mon public mais je ne me mets vraiment pas la pression pour ce concours. On verra comment mon corps va réagir mais je ne vais pas sauter 2,04 m !"

La championne olympique de l’heptathlon ne s’en cache pas : la saison a été éprouvante pour elle et, "si ce meeting n’avait pas eu lieu en Belgique, je ne l’aurais pas disputé."

Et de poursuivre : "Je ne peux pas comparer un état de fatigue d’une année à l’autre. L’an dernier, aussi, je me suis beaucoup entraînée en vue des Jeux Olympiques. Et cette fois-ci, j’ai repris encore plus tôt, j’ai fait des championnats en salle, ça a été très compliqué. Je n’ai pas envie de pousser mon corps, par exemple, jusqu’à l’heptathlon de Talence en septembre. Je ne suis pas envie de me blesser, il faut savoir évaluer les risques si on veut durer. Je ne crois pas que ce soit la meilleure des choses à faire. Ici, après le Mémorial, je vais couper pendant un mois."

Gageons que les plus de 45.000 spectateurs présents au stade ce vendredi lui laisseront de beaux souvenirs à emmener avec elle vers sa prochaine destination...