Athletisme

La fratrie a connu, à l'image de Philip Milanov et de Tarim Moukrime, une soirée frustrante.

Les trois frères ont fini hors podium. Kevin a explosé dans la dernière ligne droite

La famille Borlée rythme le Mémorial Van Damme depuis des années. Pour cette édition 2017 , ils faisaient une nouvelle fois partie des stars qui ont eu droit à leur petit tour de piste pré-compétition sous les applaudissements du stade Roi Baudouin.

Leur performance n’a, elle, pas été à la hauteur des attentes.

Seule éclaircie dans la grisaille : la belle fin de course du plus jeune de la fratrie. Dylan a terminé devant ses grands frères. Il a, malgré les conditions difficiles, terminé en 46,42, à 0,3 seconde de son meilleur temps cette saison.

D’habitude très costaud sur les 300 premiers mètres et plus faible au finish, il a réussi à relancer la machine avec beaucoup de punch dans la dernière ligne droite.

Une fin de course qui a été fatale à Kevin Borlée. Pourtant le plus rapide des trois cette année (avec un chrono de 44,79 qui date d’il y a moins de deux mois), il a totalement craqué sur la fin. Il termine à la 6e position en 46,96. "À cause du virus qui m’a perturbé à Londres, je suis allé puiser trop loin dans mes réserves et je l’ai senti dans ma vie de tous les jours. Depuis quelques jours, je dors mal, je n’ai plus d’énergie."

Jonathan a fini une place devant lui en 46,44.

"Si cela n’avait pas été le Van Damme, on aurait arrêté la saison plus tôt. Comme mes frères, je suis ressorti complètement épuisé des Mondiaux et cela s’est ressenti dans la dernière ligne droite."

Visiblement dans le creux suite à leurs bonnes performances en individuel comme au relais lors des Mondiaux d’août, les jumeaux et leur petit frère vont profiter de plusieurs semaines de repos avant de retrouver le chemin de la piste.

Milanov (4e au disque): "Je me sentais raide"

Après des Mondiaux complètement loupés, Philip Milanov était animé par une grosse envie de bien faire à l’entame de ce concours bruxellois. Cela s’est traduit par un bon premier lancer du disque à 64,61 m, avant d’enchaîner avec une deuxième tentative à 64,76 m et une troisième à 64,70 m. Une belle régularité qui ne s’est toutefois pas révélée payante pour le Brugeois, dont ce furent en outre les trois seuls essais mesurés. "Je me sentais un peu raide ce vendredi soir", a-t-il expliqué à l’issue d’un concours dont il s’est classé quatrième, la victoire revenant au champion du monde Andrius Gudzius (68,16 m). "Peut-être était-ce en raison du froid, peut-être aussi parce qu’il s’agit de la fin de la saison. Je souffre aussi un peu du dos. C’était toutefois ma meilleure prestation au Mémorial Van Damme et j’ai apprécié le soutien du public..."

La déception de Moukrime

Pour son premier Mémorial, le Verviétois a été victime d’une bousculade

Sur 1.500m, une épreuve remportée par le champion du monde Eljah Manangoi (3:38.97) et où Ismaël Debjani n’a finalement pas pris le départ ("J’ai senti une tension musculaire au réveil; avec ce climat, je n’avais pas envie de prendre de risque"), Tarik Moukrime a semblé très bien dans le coup jusqu’à l’entrée de la dernière ligne droite, moment où le Verviétois fut bousculé et faillit prendre un billet de parterre.

S’il réussit à garder l’équilibre, Tarik voyait toutefois s’échapper toute chance de signer un bon résultat et terminait en roue libre (10e), très déçu. Isaac Kimeli s’est classé 7e en 3:41.45 et Ali Hamdi, 9e en 3:41.88.

"Après trois années de galère, j’ai eu les larmes aux yeux en pénétrant sur la piste du stade Roi Baudouin", a indiqué Tarik Moukrime, qui s’était échauffé en compagnie du Français Mahiedine Mekhissi. "C’était beau, après ce que j’ai vécu (NdlR : référence au cancer testiculaire qu’il a vaincu) , de me retrouver sur la ligne de départ du Van Damme. J’ai pris beaucoup de plaisir à courir devant mon public. Je voulais terminer ma saison en beauté et j’ai vraiment tout donné. J’avais de très bonnes jambes. J’étais même dans la position du chasseur derrière le champion du monde à l’entrée du dernier tour. J’aurais voulu jouer un beau mano a mano mais l’Espagnol Mechaal a voulu passer aux 200 mètres et j’ai été déséquilibré. C’est dommage, car je pouvais vraiment faire quelque chose de beau."

Tarik Moukrime tentait de se consoler en disant qu’il lui restait encore le Championnat de Belgique de relais avec son club de l’Excelsior avant de prendre des vacances bien méritées. "La suite, la saison en salle notamment, n’est pas encore fixée", conclut le finaliste de l’Euro 2014.