Basket

Comme en 2007 à Chieti en Italie, dix ans après leur dernière apparition dans un championnat d'Europe, la Belgique s'est hissée en quarts de finale de l'Euro de basket féminin lundi à Prague en terminant en tête de son groupe.

Déjà présente en Italie lors de la 7e place des Belges (comme Marjorie Carpréaux), Ann Wauters savourait ce nouveau moment "historique", avouant que le fait d'avoir été menées de 9 points (53-44) à 9 minutes de la fin et d'avoir été malmenées par la Lettonie avait "réveillé" les Belgian Cats qui se sont imposées au final 58 à 62 pour décrocher une place directe en quarts de finale.

"Nous refusons de perdre", a martelé l'intérieure flandrienne auteur de 8 de ses 17 points dans le dernier quart. "Je me suis un peu emportée contre les arbitres, je m'en excuse, mais j'étais en colère. Cela nous a boosté et nous sommes revenues pour l'emporter. C'est incroyable parce que nous avons une équipe jeune, enthousiaste, mais qui montre beaucoup de lucidité dans les moments difficiles et qui parvient à rester calme. En plus, nous étions pour la première fois derrière et nous avons su réagir. Cela veut dire beaucoup sur le potentiel de cette équipe. Notre premier objectif était d'aller en quarts de finale, nous y sommes par le meilleur chemin qui soit. Nous disposons en effet de deux jours de repos et cela va faire vraiment du bien à tout le monde."

La Belgique ne disputera en effet son quart de finale que jeudi et peut, en cas d'accession au top 5 (ou top 6 si l'Espagne en fait partie) décrocher une qualification pour le championnat du monde en Espagne du 22 au 30 septembre 2018. Ce qu'aucune équipe belge chez les seniors n'a encore réussi, tant que chez les messieurs que chez les dames.


Antonia Delaere: "Ce genre de match nous donne beaucoup d'expérience"

"Cela a été un autre scénario par rapport à nos deux premiers matches, c'est la première fois que nous sommes menées. Les deux autres rencontres contre le Monténégro et la Russie, il a fallu gérer notre avance, et ici il a fallu faire l'inverse et remonter notre retard. C'est bien parce qu'avec ces trois matches serrés, que l'on gagne en plus, cela nous donne beaucoup d'expérience", a estimé Antonia Delaere, 22 ans, joueuse de l'année. "Nous sommes jeunes et c'est fantastique de pouvoir vivre ça. On va à présent un peu profiter de cette qualification puis on a deux jours de repos et on va bien préparer le quart de finale."

La Lettonie a compliqué la tâche des Belges en présentant une bonne défense, les Belges n'ont en outre pas connu la même réussite offensive que lors de leurs deux premiers succès, mais pour Kim Mestdagh, l'équipe a montré beaucoup de caractère.

"Nous avons été en difficulté, c'est vrai, parce que la Lettonie jouait bien le jeu contre nous", a expliqué l'ailière flandrienne, 24 ans. "Mais être menées comme ça et revenir dans le match pour gagner au bout, cela veut que nous avons aussi beaucoup de caractère. Dans les cinq dernières minutes, nous avons été mentalement très fortes. Gagner contre la Russie, c'est historique, gagner contre la Lettonie, c'est historique, aller en quarts de finale c'est historique, alors il faut continuer et oui, je veux bien aller au championnat du monde."


Emma Meesseman: "C'est énorme"

Même si elle a été bousculée plus qu'à l'accoutumée lundi contre la Lettonie, Emma Meesseman a encore planté 16 points pour prendre 9 rebonds lors du succès de la Belgique.

Avec Ann Wauters, Emma Meesseman, 24 ans, a inscrit 33 des 62 points de la Belgique. Plus de la moitié de l'apport offensif des Belgian Cats pour ce qui constitue l'une des meilleures paires d'intérieures d'Europe.

"C'est énorme", savourait Emma Meesseman à l'issue de la 3e victoire en 3 matches des Belges. "Il a fallu rester bien concentrées, c'était moins évident aujourd'hui, la Lettonie a bien joué le coup. Il a fallu se battre, surtout quand nous avons été menées de 9 points au début du dernier quart temps. On a continué à se battre pour revenir, on a joué attaque après attaque en essayant de rester calme et en défendant du mieux que l'on pouvait et cela a marché. On a montré que l'on pouvait aussi revenir dans un match, ça c'est très important pour la suite. Cela montre que nous sommes capables de le faire. Je ne sais pas très bien comment on a gagné en fait, mais je suis très contente d'aller en quarts de finale, et je suis très fière de mon équipe. Maintenant, tout est possible pour nous. Peu s'attendait à ça, pas même nos adversaires."


Philip Mestdagh ne "trouve pas les mots", après le pari déjà réussi de la Belgique

"Je ne trouve pas les mots pour dire combien je suis heureux et fier", a avoué Philip Mestdagh, le sélectionneur national, après la victoire. "Ce fut un match difficile parce que la Lettonie a su bloquer nos points forts et a bien anticipé notre jeu. Avec un retard de 9 points avant le dernier quart temps (53-44 à la 31e, ndlr), il a fallu une grosse force de caractère de mes joueuses pour aller chercher la victoire. Cela nous permet d'aller en quart de finale dans des conditions idéales, en ayant fait le plein de confiance et en disposant à présent de deux jours de repos."

Le money-time aura été, comme face au Monténégro et à la Russie, favorable à la Belgique. Ce que reconnaissait le coach letton qui regrettait pourtant la perte de sa meneuse, Elina Babkina, blessée en première mi-temps. "Cela nous a coûté cher dans le dernier quart temps", estimait Martins Zibarts. "Parce que si nous continuons à bien défendre, Babkina nous a manqué sur le plan offensif dans les derniers instants. Côté belge, on a vu l'expérience d'Ann Wauters qui a apporté des points à des moments cruciaux dans la partie."