Basket Le pivot des Knicks est poursuivi pour des tweets jugés insultants envers le président Erdogan.

Ce n’est pas neuf : entre le président turc Recep Erdogan et la star des Knicks de New York, Enes Kanter, c’est loin d’être l’amour fou. Mais cette "guerre" des mots dans un premier temps a pris une tournure un peu plus particulière et inquiétante cette semaine puisqu’un procureur turc vient de requérir jusqu’à quatre ans de prison à son encontre pour des tweets jugés insultants envers le Président.

Il faut dire qu’il n’y a pas été de main morte en le qualifiant tout simplement de "dictateur" et "d’Hitler de notre siècle". Des qualificatifs qui n’ont bien évidemment pas plu au Président qui a engagé des poursuites pour "injures au chef de l’État". Mais Enes Kanter n’est pas le seul à en subir les conséquences. L’ancienne gloire du football turc, Hakan Sükur, a eu droit au même traitement, lui qui, comme le joueur des Knicks, est un fervent supporter de Fethullah Güllen.

Menacé à présent de quatre ans de prison, Enes Kanter n’est pourtant pas plus inquiet que cela. " Quatre ans ? C’est tout ? Avec tout ce que j’ai dit ", s’étonne ironiquement celui qui avait déjà été bloqué en Roumanie le 20 mai dernier car son passeport avait été annulé par son pays. Il a fallu l’intervention des autorités américaines pour lui permettre de rejoindre le pays de l’Oncle Sam.

Malgré ces soucis extérieurs au basket, Enes Kanter reste concentré sur sa (bonne) saison à Big Apple. " J’ai juste envie de jouer au basket, de prendre du bon temps avec mes coéquipiers, de gagner des matchs et d’atteindre les playoffs. Je me fiche un peu de ce qu’il se passe à côté et ils peuvent faire ce qu’ils veulent. "

Et répondre à ces accusations sur le terrain, voilà l’objectif que s’est fixé le pivot de New York. " Je sais que si on participe aux playoffs, ça va le rendre dingue et c’est là-dessus que je suis focalisé pour le moment. De mon côté, j’essaye simplement d’être la voix de toutes ces personnes innocentes en Turquie qui vivent un enfer. Tout ce qu’on peut faire, c’est prier pour eux ", conclut-il.

Quant à son procès, il sera jugé "en l’absence de l’accusé" à une date qui doit encore être fixée.