Basket Le succès historique signé face à la Russie a placé les Cats en tête du groupe D.

Un Euro est ainsi fait qu’à peine un match terminé, on passe au suivant. Le succès arraché après prolongation face à la Russie mérite pourtant que l’on s’y attarde car il s’agit d’une vraie page de l’histoire du basket belge que viennent dans la douleur d’écrire les Belgian Cats . Jamais en effet jusqu’à présent l’équipe nationale n’avait battu les Russes, dépositaires des traditions de la grande époque soviétique. "Il y a dix ans, on avait pris vingt points", se souvient Marjorie Carpréaux, la meneuse wallonne des Cats et l’une des deux dernières rescapées de notre précédente participation à un Euro .

Pierre Cornia avait de son côté une analyse plus technique mais tout aussi ébouriffante : " Les Russes, c’est 3 joueuses à plus de 180 cm et six de plus au-delà de 190 cm y compris Vadeeva qui culmine à 1,98 m. Elles nous ont massacrés au rebond (59 à 31) et nous prennent… 31 rebonds offensifs. Et on parvient à s’imposer malgré tout. C’est du jamais vu !"

On retiendra également le départ fantastique des Belges : "On a fait un premier quart de folie et puis on parvient à gérer. Là où on a grandi, c’est qu’après le coup de massue de l’égalisation, huit équipes sur dix auraient coincé. Pas nous, on a su réagir ! Cela prouve qu’il y a du mental, que cette équipe a des ressources !"

Et Pierre Cornia de souligner le rôle de certaines joueuses en dehors des trois taulières (Wauters, Meesseman et Kim Mestdagh) : "Julie Vanloo est montée d’un cran et surtout Antonia Delaere (la joueuse belge de l’année) a sorti une défense de dingue sur l’Américaine Epiphany Prince qui est quand même meneuse titulaire des New-York Liberty en WNBA et de Koursk en Euroleague . N’oublions pas non plus Kyara Linskens qui a fait exactement ce qu’elle devait mais avant tout j’ai vraiment beaucoup d’admiration pour Ann Wauters. Elle nous rend largement ce qu’on lui a donné comme petits privilièges."

Et maintenant ? "Comme tout le monde, je dirai qu’il faut gagner lundi pour terminer premier, donner deux jours de repos à Ann et avoir en quart un adversaire un rien plus facile. Après, ca se joue sur un match et là tout devient possible…"

Steinberga, la plus belge des Lettones

Pour Anete Steinberga, la Lettone double championne de Belgique avec Castors Braine et de retour dans le Brabant wallon cet automne, le match de ce lundi aura bien sûr un parfum spécial : "Bien sûr, la Belgique c’est particulier, elles me connaissent, je les connais mais avant tout c’est chacun pour son pays et surtout pour cette victoire que nous visons, comme les Belges. Il n’y aura pas de quartiers. Pendant quarante minutes, on va oublier les liens d’amitié. Ça va être une bataille." Car un succès dans ce match au sommet est synonyme d’accession directe aux quarts de finale. C’est aussi l’assurance de jouer un adversaire un rien plus accessible puisqu’il s’agirait du second ou du troisième d’un autre groupe. 

En cas de défaite, la Belgique est au moins assurée d’une place de barragiste synonyme de duel face au second ou au troisième du groupe C. "On est près du but mais on peut encore perdre tout le bénéfice de la victoire sur la Russie" , prévient le coach Mestdagh. Un cas de figure que ne veut même pas envisager Marjorie Carpréaux : "J’ai passé le message aux filles. Il faut qu’on gagne pour Ann. Elle a sorti deux gros matches en 24 heures à peine. Pour elle et pour son corps, on se doit d’aller lui chercher deux jours de repos et un match de moins."