Basket Une défaite face à Villeneuve d’Ascq ce mercredi soir rapprocherait les Castors de l’élimination de la scène européenne.

À l’aube de jouer leur rencontre la plus importante de la campagne européenne au Spiroudôme, là même où l’ESBVA s’était imposée en finale retour de l’EuroCup en 2015, les Castors Braine évoluent dans une douce quiétude. Avant une dernière session de shooting ce matin suivie d’une analyse vidéo, les Brabançonnes répètent inlassablement et dans la bonne humeur leurs gammes. Même éloignées de leur butte du Lion, elles devront sortir leurs griffes ce soir.

Une victoire est impérative pour rejoindre les cinquième et sixième strapontins de l’EuroCup. "L’objectif reste de s’installer durablement en EuroLeague . On aimerait imiter Sopron qui a débuté timidement il y a deux-trois saisons et qui a trouvé sa place", rappelle Jacques Platieau. "L’avenir du basketball féminin en Belgique passe nécessairement par des matchs de haut niveau. Quand on se lance dans l’aventure de l’EuroLeague , c’est pour minimum viser les 5-6e places", ajoute le président des Castors.

Une entité qui entretient depuis 2015 d’excellents contacts avec sa consoeur française de l’ESBVA. "On n’aura pas d’amis demain. Ce sera la guerre et pour l’emporter, il faudra se comporter comme des guerrières."

Les Guerrières, c’est justement le surnom de l’équipe française, soutenue demain par 200 Nordistes. Le public brainois répondra aussi présent mais le club n’a pas réussi à fédérer au niveau national. L’assemblée a rarement dépassé les 1.500 personnes au Spiroudôme, ce qui est plus qu’à la salle André Renault mais moins que les standards européens. "On se demande parfois si le public belge est prêt à voir des matchs du top européen. C’est dur de se battre constamment pour tirer vers le haut le basket".

Si elles ont pu fêter la Noël auprès de leurs proches, les Brainoises ont repris le collier depuis six jours. Ainars Zvirgzdins, l’exigeant coach letton (dont l’avenir sera lié aux résultats européens), a donné entraînement le 31 décembre et a fait ouvrir spécialement la salle le lendemain. "On est prêtes pour défier Villeneuve. L’esprit est positif et on ne se met pas la pression par rapport à une équipe qui compte deux victoires de plus. Si on respecte les consignes et qu’on donne tout, la victoire sera au rendez-vous", prédit la joueuse Manon Grzesinski.


Un autre visage à montrer

Même si son nom ne côtoie pas les sommets européens au niveau des statistiques offensives, Manon Grzesinski accomplit sa tâche sans broncher. Revenue progressivement d’une grave blessure au genou, la Liégeoise du noyau ne rechigne jamais à l’effort. Elle compense son déficit de taille par une belle débauche d’énergie. "Je suis proche de mon meilleur niveau physique", confirme l’intérieure. "Je retrouve mes sensations et je deviens plus agressive." Battues par Villeneuve et à deux succès des Françaises au général, les Castors ont-elles la pression ? "Le fait qu’on n’ait pas eu beaucoup de repos et qu’on recommence si tôt en EuroLeague joue pour tout le monde. On sera supérieures à Villeneuve si on respecte le plan de match et qu’on opère de façon collective." La rencontre aller (81-71) est restée dans les esprits brainois. "L’E.S.B.V.A. dispose de gros calibres dans la raquette mais ce match en France est resté en travers de la gorge. Nous nous sommes préparées pour montrer une autre consistance."