Basket Révélation de la saison, le Jazz continue d'impressionner en playoffs. Jusqu'où peuvent-ils aller ?

On ne va pas s'en cacher, il y a quelques années, regarder le Jazz jouer, c'était un vrai supplice. L'époque Stockton-Malone aux oubliettes, Utah était loin d'être la franchise la plus sexy à regarder et d'ailleurs, peu osait s'aventurer, à 2h du matin, devant leur télé pour suivre un match en direct de Salt Lake City.

Mais cette époque est désormais de l'histoire ancienne. Pourtant, l'équation était loin d'être gagnée l'été dernier après le départ de la star de la franchise, Gordon Hayward, en direction de Boston. Mais les dirigeants d'Utah ont eu le nez fin. Très fin même. Dans un premier temps, c'est à la draft que tout s'est joué. Sélectionné en 13e position par les Nuggets de Denver, ces derniers décident d'échanger Donovan Mitchell contre Trey Lyles et le 24e choix de cette même draft (Tyler Lydon). Sans le savoir, le Jazz venait de réaliser un coup de génie. Rapidement, le rookie s'est acclimaté au rythme NBA et a littéralement changé la face de la franchise. Alors que Utah était axé sur la défense (c'est toujours le cas), le Jazz sait à présent aussi jouer rapidement en attaque.

L'autre gros coup finalement, c'est l'arrivée de Ricky Rubio pour remplacer George Hill à la mène. Encore un choix cinq étoiles puisque le meneur espagnol n'a jamais été aussi bon que cette saison. Arrivé à maturité, Rubio dirige parfaitement l'équipe sur le terrain et s'est même découvert des talents de shooteur (même si certains ont toujours cru en son shoot). Et comment ne pas évoquer le cas de Joe Ingles? L'Australien n'est certainement pas le joueur le plus flashy, ni le plus rapide et encore moins le plus beau à voir jouer mais il est d'une efficacité à en faire pâlir plus d'un! La preuve: lors du deuxième match face à Houston, il a planté sept bombes! Tout simplement énorme pour ce joueur qui est passé par Barcelone et Tel-Aviv. 

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Dans la raquette, Rudy Gobert confirme également tout le bien qu'on pensait de lui. D'ailleurs, si le Jazz a été en difficulté une partie de la saison régulière, cela correspondait à la blessure du pivot français. De retour sur les parquets, dès qu'il se retrouve dans la raquette, il est une force de dissuasion impressionnante qui oblige les adversaires à changer leurs plans à l'approche de l'anneau d'Utah! A tout cela, on peut ajouter l'arrivée de Jae Crowder qui est encore venu renforcer la défense de fer (si seulement il le fallait) et des joueurs besogneux à l'image de Derrick Favors, Dante Exum et Alec Burks et vous vous retrouvez avec une franchise qui sort le Thunder, sans discussion possible, au premier tour des playoffs sans même avoir eu l'avantage du terrain au début de la série.

Mais sans nulle doute, cette équipe ne serait pas ce qu'elle est sans son coach: Quin Snyder! En place depuis 2014, c'est lui qui a façonné cette franchise. Mais surtout, c'est lui qui trouve les solutions pour faire face à des adversaires souvent plus costauds, du moins sur papier! Au premier tour, il est parvenu à faire sortir de ses gonds Russell Westbrook et cette fois-ci, c'est au futur MVP, James Harden, qu'il s'attaque. En sachant très bien que ces superstars marqueront des paniers, son but est clair: limiter l'apport des autres joueurs. Et visiblement, son message passe parfaitement auprès de ses joueurs qui respectent à la lettre son plan de bataille avec un certain succès.

La question que l'on peut se poser à présent, c'est de savoir jusqu'où cette équipe est-elle capable d'aller? Beaucoup les voyaient perdants face au Thunder et finalement, le Jazz est passé. Presque tous les observateurs les voient tomber face à Houston et pourtant, ils sont allés s'imposer dans le Texas pour reprendre l'avantage du terrain et quand on sait combien c'est compliqué d'aller s'imposer à Salt Lake City, on se rend compte que la tâche de Chris Paul et de James Harden s'annonce ardue. Mais même avec l'avantage du terrain, Utah n'est pas favori dans cette série. Néanmoins, le Jazz possède de nombreux atouts pour embêter les Texans et qui sait, pourquoi ne pas créer une nouvelle sensation et rejoindre les finales de conférence à l'Ouest? 

Ce qui est certain, c'est que la franchise a pris un sacré coup de fraîcheur et cela fait du bien au basket en général. Non, regarder un match du Jazz n'est plus soporifique. Au contraire, c'est une vraie régalade. Profitons-en.

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