À en devenir nerveux…

Eric de Falleur Publié le - Mis à jour le

Cyclisme

Irrité par le danger récurrent, Boonen a poussé un coup de gueule après l’arrivée

AALTER Jurgen Roelandts a lancé le bras droit vers le ciel, hier, quelques instants après avoir franchi la ligne d’arrivée de la 5e étape de l’Eneco Tour du Benelux, hier à Aalter.

Le Brabançon pensait avoir enfin gagné, mais il a dû vite déchanter. Sous la banderole, le coureur de Lotto-Belisol n’avait pas encore totalement remonté le jeune Italien Giacomo Nizzolo, dont on reparlera certainement dans les années à venir. Une douzaine de centimètres à peine séparaient l’ancien champion de Belgique du récent vainqueur du Tour de Wallonie, à l’avantage de ce dernier dont le démarrage sec, à trois cents mètres de la ligne, avait surpris tous ses adversaires.

À Middelburg, le premier jour, sa tentative, semblable, avait échoué de peu, seul Marcel Kittel l’ayant remonté. Une fois encore, toute la phase finale, menant au sprint, avait été périlleuse et une chute d’une poignée de coureurs, Oss, Gerdemann, Cordeel et Drucker, survenue dans le dernier virage, avait cassé le peloton.

Sur la ligne, le jeune Français Arnaud Demaré et Tom Boonen, 4e et 5e, avaient même failli se percuter et sans le coureur de la FDJ, le Campinois, emporté par sa fougue, se serait vraisemblablement retrouvé au sol.

Le leader de l’Eneco Tour a pourtant fait part de son énervement devant une situation d’un chaos récurrent.

“Ça ne date pas d’aujourd’hui et ça ne concerne vraiment pas que le seul Eneco Tour”, disait Tom Boonen. “C’est quelque chose qu’on connaît toute l’année et à la longue ça finit par peser. C’était déjà le cas quand j’étais néo-pro, mais ça ne s’arrange pas. C’est une situation qui est difficile parce que je comprends les gens qui paient pour avoir une arrivée, ils veulent évidemment que cela se passe dans le centre de leur ville, où il y des gens, des magasins, des cafés… Alors forcément, il y a du danger.”

Au Tour de France, les arrivées d’étapes sont de plus en plus souvent décentrées.

“C’est vrai, mais là, on construit un véritable village pour accueillir les gens”, poursuivait Boonen. “Je comprends que ce ne soit pas facile d’avoir une arrivée totalement sécurisée, mais ce serait bien. On roule toute la journée sur des routes larges et dans les deux derniers kilomètres, on prend des risques énormes en nous faisant arriver dans des petites rues… Cela dit, un sprint est aussi parfois dangereux sur des larges routes.”

L’Anversois sera pleinement satisfait avec le tracé du chrono d’aujourd’hui, fait de longues et larges lignes droites où il mettra son maillot de leader en jeu, avant l’étape-reine de dimanche. Après un contre-la-montre dont Taylor Phinney, Luke Durbridge, Sven Tuft et Sylvain Chavanel sont les grands favoris, le classement général sera complètement redessiné même si Tom Boonen espère se glisser parmi les dix premiers. On suivra aussi la prestation d’Alberto Contador avec attention.

“Même s’il y a des coureurs meilleurs que moi”, disait le Madrilène, “j’attends avec impatience ce chrono, il est important pour la Vuelta. Nous avons modifié plusieurs détails sur mon vélo et je veux les tester. Quant à l’étape de dimanche, je ne sais pas ce qui m’attend. Ce sont des côtes, mais il y a aussi les pavés. On verra, mais je veux mettre de la meilleure manière possible un point final à ma préparation…”



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