Cyclisme Dépassé dans la deuxième partie de la course, seulement 4e, Wout Van Aert aspire à du repos.

Au lendemain du cross du Koppenberg où il a dû se contenter de la 4e place, Wout Van Aert sera à la foire du livre d’Anvers, ce jeudi, pour y signer le livre qu’il vient de sortir Ik fiets focus. Ensuite, le double champion du monde prendra un avion en direction de Lucca.

En Toscane, Van Aert passera dix jours, avec sa compagne Sarah et son soigneur, dans un stage destiné surtout à lui permettre de recharger ses batteries. Le Campinois a manifestement besoin de repos, plus mental que physique d’ailleurs.

Ce mercredi, il le reconnaît, Van Aert a pris un petit coup sur la tête en perdant un des grands classiques de la saison hivernale, qu’il avait enlevé les trois dernières éditions. Dans le même temps, Mathieu Van der Poel s’y est imposé pour la première fois sur le Koppenberg, au terme d’un dernier tour époustouflant qui a laissé le Néerlandais, affalé de longs moments sur les pavés du monstre de Melden, à la limite de la syncope.

Mais pour remporter une douzième victoire cette saison (en quatorze courses), VDP n’a pas eu besoin de prendre la mesure de Van Aert, irrémédiablement distancé peu après la mi-course, mais bien celle de Toon Aerts, superbe deuxième pour sa dernière course avec le maillot de champion d’Europe, et de Lars van der Haar.

"J’étais bien durant la première moitié de la course et je pensais que j’allais réaliser une bonne prestation, admettait Van Aert après coup. Mais la fin a été plus dure. Quand Mathieu a accéléré, je n’ai pas pu suivre et me reprendre. Pourtant, je pensais après le cross de dimanche à Ruddervoorde (NdlR : où il avait tenu le Néerlandais en point de mire toute la course), que j’étais bien reparti. Mais manifestement, le chemin qui mène à la forme est fait de hauts et de bas."

L’Anversois aspire à se changer les idées.

"Je serai content de me retrouver dans l’avion, disait-il. On a décidé de laisser l’ Euro de côté et le Koppenberg était la dernière course de la première partie de ma saison. Mais, je ne pars pas en vacances, j’ai quand même de durs entraînements prévus pour arriver en forme. On va travailler la base, aussi en montagne. Mais j’y vais aussi pour le repos, pour me changer les idées."

Le coureur de Crélan-Charles refuse de pointer sa volonté de disputer le début de la prochaine saison routière, les classiques flandriennes notamment, comme la cause de sa moindre forme.

"On cherche ce qui marche et ne marche pas, poursuivait Van Aert. On garde notre programme. J’ai eu quelques soucis de santé en septembre et je pense que ma préparation en a été perturbée. Je ne vais certainement pas arrêter ce qui a été prévu et je refuse de paniquer. De même, je sais que j’aime le cyclo-cross, même en étant moins bon. Je veux d’ailleurs remercier tous les gens qui me soutiennent. Je ne suis vraiment pas occupé à penser aux classiques, c’est un défi et ça reste un défi, mais cela n’a rien à voir avec le fait que je suis en moindre forme."

Nick Nuyens, manager équipe Crélan-Charles: "Il n’a pas plus couru"

"C’est ridicule de dire maintenant, alors qu’il est moins en forme, que Wout doit choisir entre deux choses dont une, la saison printanière sur route, qu’il n’a jamais faite ou essayée. Ce qui a été décidé, c’est que Wout va courir moins cet hiver pour pouvoir enchaîner la route. Le but est de se tester pour voir si ça lui convient ou pas, s’il aime ces courses sur route ou non, et pouvoir ensuite choisir en connaissance de cause. Il n’a pas plus couru sur route l’été dernier, sauf le National de chrono et le Binck Bank Tour. Ce n’est pas ça qui change."

L'avis de Niels Albert: "Pas à son meilleur niveau"

"J’avais en effet espéré qu’on vive aujourd’hui un grand duel, il a eu lieu, pas avec Wout mais avec Mathieu (Van der Poel) et Toon Aerts", avouait Niels Albert, le directeur sportif de l’équipe de Van Aert. "J’avais espéré que Wout puisse tenir tête à Mathieu car à Ruddervoorde, Wout m’avait laissé une excellente impression, tandis que je pensais que Mathieu avait dû vraiment puiser dans ses réserves pour s’imposer. Malheureusement, ce ne fut pas ce qu’on espérait et pourtant, on venait pour gagner, c’est sûr. Il faut reconnaître la supériorité de Van der Poel."

Le mentor de Van Aert refuse aussi de céder au découragement. "J’ai eu une période aussi où je faisais tout ce que je devais pour être au mieux", disait le Brabançon. "Mais où, à chaque fois, je butais sur un Sven Nys supérieur. Je dis souvent à Wout : ‘C’est un moment dans ta carrière où tu dois accepter cela. Tu ne peux pas être tout le temps le plus fort’. Une saison n’est pas l’autre." Si Van der Poel est en pleine condition, ce n’est pas le cas de son rival anversois. "Mathieu n’est pas 15-20 % plus fort que l’an passé", reconnaît Albert.

"Il est au même niveau, peut-être un peu meilleur, mais Wout n’est pas à son meilleur niveau. Normalement, cela devrait toujours donner un super duel comme ces deux, trois dernières saisons, quand tout se jouait dans le dernier tour, dans un sens ou dans l’autre. Là, ce n’est pas le cas. Sans vraiment d’explication. Il n’est pas malade, on a fait des examens qui n’ont rien révélé d’anormal."