Cyclisme

Christian Prudhomme a décidé de passer la vitesse supérieure. Aux micros de la RTBF et de la radio australienne SBS, le directeur du Tour de France a fait part de son impatience par rapport au temps que prend la procédure dans le dossier Chris Froome.

Le leader de la Sky a subi un contrôle anormal au salbutamol lors de la Vuelta 2017 et il profite de la non-décision des instances anti-dopage pour continuer à courir. Et notamment pour gagner le dernier Giro. "J’ai dit et je répète depuis le mois de décembre, dès lors que nous avons appris qu’il y avait un problème sur le Tour d’Espagne, qu’il fallait une réponse rapide. Je l’ai dit en décembre, je l’ai répété en janvier puis j’ai arrêté de le dire parce que la réponse n’arrivait pas. Elle n’est toujours pas arrivée, il nous reste quelques semaines", a ainsi avancé Christian Prudhomme au micro de nos confrères de la RTBF.

L’UCI semble être la principale cible de l’offensive médiatique lancée par le directeur du Tour de France. David Lappartient, le président de l’instance internationale, avait en effet récemment fait part de son impuissance face à cette affaire qui pollue le monde du cyclisme depuis la fin de l’année 2017. "L’affaire Froome ne sera pas réglée avant le Tour", avait indiqué le président de l’UCI au Parisien le 1er juin. Et la résignation affichée par David Lappartient n’est visiblement pas du goût de Christian Prudhomme. "David Lappartient avait dit que ça serait résolu, mais ses dernières déclarations tendent à dire que ça serait plus complexe. Tout ce que je dis est que nous avons besoin d'une réponse, ou au moins un éclairage sur la situation parce que sans ceci, c'est évident que tout le monde serait perdant", a ainsi regretté le directeur du Tour de France au micro de SBS.


Christian Prudhomme profite aussi de cette sortie médiatique pour rappeler que la balle est dans le camp de l’UCI. "David Lappartient, président de l’UCI, l’a dit à plusieurs reprises, c’est à l’UCI de régler le problème. Il nous faut une réponse. Je ne peux rien vous dire de plus. Il nous faut une réponse", a expliqué le directeur du Tour à la RTBF.

Des propos qui font écho à ceux de Thierry Gouvenou. "La position d’A.S.O (l’organisateur du Tour de France) est connue depuis très longtemps : on attend avec impatience un jugement de cette affaire. On aimerait pouvoir débuter sereinement le Tour de France avec un jugement définitif", a ainsi expliqué, en marge du critérium du Dauphiné, le directeur de course du Tour de France.


Malgré cette offensive, qui risque de faire grand bruit, il y a peu de chance de voir la situation évoluer d’ici le grand départ du Tour de France en Vendée (7 juillet). Car même en cas de jugement défavorable à Chris Froome, le Britannique disposerait de la possibilité de faire appel de la décision afin de continuer à courir. Le directeur de la Grande Boucle disposera éventuellement d’un dernier recours puisqu’il peut exclure un coureur pour "atteinte à l’image du Tour". L’épreuve française avait tenté d’utiliser cette possibilité afin d’empêcher Tom Boonen, positif à la cocaïne, de participer au Tour de France 2009. En vain puisque la décision d’A.S.O avait été contredite par la Cour d'arbitrage du Comité olympique français. Une affaire qui pourrait faire jurisprudence dans le cas de Chris Froome.