S'inscrire

  • Partager sur Twitter.
  • Partager sur Facebook.

“ Ça sera très dur pour VDB de confirmer ”

(12/01/2011)

José De Cauwer analyse qualités et défauts de nos coureurs. Sans concession et en parfait connaisseur

SAINT-NICOLAS À 61 ans, José De Cauwer a gardé intacte la passion du cyclisme qui est quasi toute sa vie. S’il fut un bon équipier durant sa carrière, de ses débuts en 1973, aux côtés de Lucien Van Impe, de Joop Zoetemelk, de Bernard Thévenet ou de Jan Raas, mais surtout comme lieutenant d’Hennie Kuiper, le Flandrien fut surtout un directeur sportif performant, dès son arrêt de la compétition, fin 1980. Avant d’être un sélectionneur national respecté et efficace, de 1996 à 2005. Fin 2008, sa collaboration avec Omega Pharma-Lotto finie, il est devenu consultant de la VRT.

Quel spécialiste ou technicien belge est mieux placé que José De Cauwer pour juger en profondeur le peloton national ? Un journal entier ne suffirait pas, sans doute, pour relater l’entretien que le Waeslandien nous a accordé, il y a peu, et durant lequel nous avons passé en revue la moitié des professionnels belges, répartis en six groupes. Nous évoquons les trois premiers aujourd’hui, les autres demain.

“La première chose à comprendre, c’est que le cyclisme a chan- gé”, dit en préambule celui qui a guidé les premiers pas chez les pros de Vanderaerden ou de Museeuw. “Les coureurs ont besoin d’avoir des systèmes de travail, de la motivation...”

Première catégorie abordée, celle des coureurs de tours, ces grimpeurs qui, à l’image de Jurgen Van den Broeck, semblent retrouver vie en Belgique.

“Longtemps, on n’a eu plus personne dans les grands tours et dans la haute montagne”, rappelle-t-il. “Mais ça va changer et, selon les circonstances, on pourrait voir trois, quatre ou même cinq Belges dans le Top 20 du Tour ou des grands tours dans le futur.”

Il pointe d’emblée le mal de certains, pourtant talentueux.

“J’attends toujours le vrai Dominique Cornu”, assène son ex-mentor, “le Cornu qui a été un moment treizième de la Vuelta (en 2008). Son problème ? Il ne supporte pas le froid et est son propre ennemi. Car il a les capacités, personne dans le peloton belge n’a de valeurs de test aussi hautes que les siennes, mais la classe, ce n’est pas tout. Il pense qu’il a le temps, mais, non, il n’a plus le temps ! Cette histoire avec Pegasus a failli lui coûter sa carrière. Il doit se ressaisir chez Topsport Vlaanderen, mais il manque de passion et ne travaille pas assez.”

Il n’est pas le seul, semble-t-il.

“Kevin Seeldraeyers, c’est la même chose”, affirme le Flandrien. “On dirait qu’il ne sait pas ce qu’il fait dans le cyclisme. Il est très bon et devrait gagner des courses, j’en suis sûr. Mais, aujourd’hui, quand vous demandez à certains jeunes coureurs, qui a gagné Gand-Wevelgem, ils vous répondent qu’ils ne savent pas en riant. Ce n’est pas la bonne mentalité. La course finie, Seeldraeyers saute sur ses jeux vidéos. Au lieu de récupérer, il augmente encore sa tension nerveuse. Ce n’est pas ça le cyclisme moderne !”

Tous n’ont pas cette mentalité, heureusement.

“Je ne connais pas de grands coureurs qui s’en foutent du cyclisme”, poursuit notre interlocuteur. “Prenez Maxime Monfort, voilà un grand coureur, un gentleman, la grande classe, il est très bon, sérieux. Ce qu’il a fait au Tour, malgré la naissance de sa fille, c’est super. Il a tout géré. Nuyens, dans les mêmes circonstances, avait dit: je n’y vais pas. Monfort, lui, sait qu’il est pro, dans la meilleure équipe du monde. Demandez dans le peloton international ce qu’ils pensent de lui. C’est le très haut niveau. Avec des gars comme lui, vous pouvez aller à la guerre. Ok, il a remisé ses ambitions pour le Tour, mais il reste très performant dans de très belles épreuves. Son transfert est une bonne chose, mais il aurait fait du bien dans une équipe belge. Il aurait mieux convenu à VDB qu’à Gilbert... et qu’aux Schleck.”

Pour José De Cauwer, plusieurs coureurs devraient s’inspirer des choix du Wallon.

“Serge Pauwels a déçu en 2010”, dit-il. “Il en a trop fait en début de saison ou ils ont cru chez Sky qu’il pouvait faire beaucoup. Je ne le vois plus progresser. Francis De Greef doit également se fixer des limites. Il doit savoir où est sa place. Il n’y a pas de honte à être un excellent équipier. Des leaders ont besoin, en haute montagne, de ce genre de coureurs. Prenez Kevin De Weert. Il a fait un très bon Tour et finir entre dix et quinze au Tour, c’est super, mais il a laissé passer sa chance les années précédentes. D’ailleurs, chez Quick Step seront-ils intéressés de le voir jouer sa carte pour finir 12e du Tour, ce qui, je le répète, est formidable ?”

Quels autres Belges ont un avenir dans les grands tours ?

Stijn Devolder est aussi capable de jouer le Top 15, s’il est en bonne condition”, dit-il. “Tout comme Jan Bakelants dans le futur. C’est un gars qui tournera autour du Top 10, Top 15 dans les grands tours et gagnera des étapes à l’avenir. Mais cette année, il devra d’abord guérir de ses graves blessures. Tout comme Jelle Vanendert , mais lui, il baisse de régime après quatre ou cinq jours. Les grands tours, ce n’est pas pour lui, même s’il grimpe bien.”

Cette restriction s’impose peut-être à celui qui passe pro avec une belle réputation ?

“Le vrai pur grimpeur, c’est Yannick Eijssen . Mais que fera-t-il après une semaine ? Au Tour de l’Avenir, il n’a pu conserver son maillot jaune sur la fin. Mais c’est un véritable grimpeur, il gagnera en montagne et on le verra dans les cols. Sa chance ? Il est dans la bonne équipe pour progresser et mener à bien son écolage.”

Mais évidemment, notre première chance de briller sur les sommets, c’est VDB  !

Ju rgen Van den Broeck, c’est, au contraire de beaucoup, un fou de cyclisme !” détaille De Cauwer. “Ce qu’il a fait pour en arriver où il est, c’est remarquable. D’ailleurs, personne chez Lotto ne peut dire que c’est grâce à lui qu’il y est parvenu. Il a fait ça tout seul. Je me souviens, il y a trois ans, qu’il est parti vivre seul en Toscane, pour s’entraîner, à ses frais.”

Pourtant, l’Anversois peut-il encore progresser ?

“Ça sera encore très dur pour lui de finir le Tour dans les cinq premiers”, lâche De Cauwer. “Il y a des certitudes, les Schleck, Contador peut-être, Menchov, Sanchez, Basso, Evans,... Il va en venir d’autres: Kreuziger, Gesink... Cela va être très difficile de faire com- me l’an dernier. Ça ne veut pas dire qu’il est mauvais. Il répète qu’il vise le Top 10, c'est bien. En juillet, il était limite, je ne le vois pas progresser dans les chronos et d’ailleurs, il n’y en a pas. Il était stressé aussi et les mois avançant, ça va augmenter, tout ça le mine, on le voit. C’est le boulot de son équipe de le protéger.”



Eric de Falleur



© La Dernière Heure 2011

Autres Informations

Facebook

Publicités

Liens publicitaires

Ces annonces sont générées automatiquement au regard du contenu de la page.
Nous ne pourrions être tenus responsables ni garantir la qualité de ces associations.
Contact: dhnet@saipm.com

Sites partenaires

Actuellement au cinéma

Men in Black 3Consulter la fiche de "Men in Black 3" sur Cinebel

Dans Men in Black 3, Agent J et Agent K sont de retour... dans le temps. Agent J a été témoin de choses inexplicables durant ses 15 ans de carrière, mais rien - pas même...

The DictatorConsulter la fiche de "The Dictator" sur Cinebel

L’histoire héroïque d’un dictateur qui va jusqu’à risquer sa vie pour s’assurer que son cher pays oppressé ne deviendra jamais une démocratie...

Dark ShadowsConsulter la fiche de "Dark Shadows" sur Cinebel

En l'an 1752, Joshua et Naomi Collins, et leur jeune fils Barnabas, quittent Liverpool, Angleterre et prennent la mer en direction de l'Amérique pour commencer une nouvelle vie. Mais même...

PrometheusConsulter la fiche de "Prometheus" sur Cinebel

Une équipe d'explorateurs découvre un indice sur l'origine de l'humanité sur terre. Cette découverte les entraîne dans un voyage fascinant jusqu'aux recoins les plus...