Cyclisme

"Difficile d’étalonner sa forme mais je pense que je suis au niveau que j’avais en 2012 et, cette année-là, après un bon hiver, j’ai couru le meilleur printemps de ma carrière…"

Tom Boonen l’assure, il est dans une condition idéale pour entamer, ce samedi en fin de matinée, la période la plus importante de sa saison. Celle qui doit le mener, de ce Circuit Het Nieuwsblad , dont il est le grand favori de la 69e édition, à Paris-Roubaix, le dimanche 13 avril.

Entre-temps, l’ancien champion du monde sera passé par Paris-Nice, Milan-Sanremo, où il retrouve, désormais que la Pompeiana n’en sera pas, un statut de favori, puis, surtout par toutes ses courses, le GP E3, Gand-Wevelgem, le Tour des Flandres et, donc, la Reine des Classiques.

"Sans la malchance subie l’an dernier, j’aurais déjà pu continuer cette série en 2013" , disait-il cette semaine. "On verra bientôt si c’est le cas cette fois."

Ces quatre courses, il les avait remportées l’une après l’autre, il y a vingt-trois mois. Exceptionnel exploit dont il sait que, malgré sa forme actuelle, il lui sera quasi impossible de le rééditer dans un gros mois. Mais un seul succès, ici ou là, en ferait l’unique recordman des victoires, lui, le roi des classiques pavées.

"Jusqu’ici, ces records n’étaient pas importants à mes yeux, mais, forcément, ils le deviennent petit à petit" , reconnaît le coureur d’Omega Pharma Quick Step. "En soi, une victoire de plus au Tour des Flandres (NdlR : qu’il a gagné trois fois, comme Buysse, Magni, Leman et Museeuw) ou à Paris-Roubaix (quatre succès, comme De Vlaeminck) ne changerait pas fondamentalement mon palmarès. Mais cela me hisserait seul au sommet de la hiérarchie de courses qui ont fait toute ma carrière, pour lesquelles j’ai travaillé pendant des années. Alors, oui, je veux en gagner au moins encore une des deux pour me retrouver seul en haut de la liste. C’est mon grand rêve."

En attendant, aujourd’hui, de Gand à Gand, c’est dans une course qu’il n’a jamais remportée que Tom Boonen veut poursuivre sur sa lancée et marquer un peu plus encore un avantage psychologique sur ses rivaux attendus des classiques printanières, Fabian Cancellara et Peter Sagan. Boonen est bien sûr le chef de file d’une formation qui recense aussi Niki Terpstra, Zdenek Stybar ou nos compatriotes Stijn Vandenbergh et Guillaume Van Keirsbulck. Autant de coureurs capables de s’imposer, selon les circonstances de course et la bénédiction de leur leader, comme cela avait le cas de Nuyens en 2005 par exemple.

"En effet, il y a encore d’autres coureurs que moi dans l’équipe" , continue-t-il. " Les plus jeunes arrivent tout doucement à maturité, on a un noyau de onze, douze coureurs pour ces courses, c’est agréable, même si, forcément, il y en a l’un ou l’autre qui va sauter en raison d’une blessure ou d’une maladie."

Mais le Nieuwsblad n’est pas le Tour des Flandres. Il est moins long de soixante kilomètres, moins dur que son grand frère le Ronde , malgré ses dix côtes et autant de secteurs pavés. D’ailleurs, l’épreuve est assez prévisible. Rendez-vous aux alentours de 15 heures, sur les plus forts pourcentages du Taaienberg, à une heure et demie de l’arrivée. Là, comme à ses plus belles heures, Tom Boonen devrait secouer une première fois le cocotier pour ne garder à ses côtés que les plus costauds de ses coéquipiers et rivaux. Ensuite, ce n’est qu’après l’ascension du Molenberg, dernière difficulté du jour, qu’on y verra un peu plus clair. Il restera alors 37 kilomètres jusqu’à la Sint-Pietersplein à Gand et trois secteurs pavés. Histoire d’échapper à un sprint plus ou moins important.

Le parcours du Nieuwsblad: