Cyclisme

Le champion du monde… de 2005 à Madrid apparaît fit et décontracté

VALKENBURG Ambiance détendue hier matin, sur le coup de 9h30, dans l’immense grange louée, à un jet de pierre du Cauberg, par la fédération belge et servant de lieu de rendez-vous à ses principaux sponsors.

Tom Boonen et Philippe Gilbert y débarquèrent, relax et complices, pour leur classique rencontre avec la presse à 48 heures de ce qui demeure la course la plus importante de l’année. Un face-à-face certes contraint avec les journalistes, mais une obligation néanmoins remplie avec bonhommie et dans la bonne humeur.

Les leaders belges sont en forme et, comme ils savent tous deux qu’ils ont une belle carte à jouer dans ce Mondial néerlandais, l’ambiance est sereine. Pas l’ombre d’une tension à l’horizon. Cela ne fut pas toujours le cas par le passé, raison de plus pour le souligner.

D’ailleurs, lorsqu’on demande à Boonen si la course de dimanche constituera pour lui la dernière occasion de devenir champion du monde, l’Anversois répond, dans un éclat de rire : “Et le Qatar alors ?!”

Hilare, l’assemblée, connaisseuse, fait mentalement un rapide calcul : en 2016, Boonen aura près de 36 ans. Après tout, Cipollini avait revêtu le maillot irisé, à Zolder, en 2002, à cet âge quasi canonique pour un coureur. On n’est jamais à l’abri d’un miracle !

L’Anversois parle toutefois au second degré, la preuve qu’il est bien dans sa peau, une peau qui se devine sur les os à travers son survêtement, un signe de condition qui ne ment pas dans le peloton. Lorsque Boonen a l’air plus grand encore que d’habitude, c’est que la forme, en effet, est au rendez-vous. Son visage creusé finit de convaincre les plus sceptiques. Le protégé de Patrick Lefevere et de Wilfried Peeters n’est définitivement pas là pour faire de la figuration, même s’il partage le leadership de la sélection avec Philippe Gilbert.

“Dans cette équipe, on se complète bien, Phil et moi , lâche Boonen, tout sourire. Lui, il peut attaquer dans le Cauberg et moi attendre la dernière ligne droite. Tactiquement, je serai dans un fauteuil”.

Peut-être mais cela ne veut pas dire pour autant que sa course sera facile. “Il faudra surtout que je garde mon calme dans la finale , enchaîne-t-il. “Ne pas trop en faire et suivre les hommes rapides. D’un autre côté, je serai davantage dépendant de l’équipe, car, idéalement, il me faudra un ou plusieurs équipiers pour m’accompagner dans les derniers kilomètres. Roelandts, par exemple, peut se révéler décisif pour moi dans l’ultime ligne droite. Avec lui pour m’emmener au sprint, tout sera plus facile. Raison pour laquelle ce ne sera pas à Jurgen de travailler durant les deux premiers tiers de l’épreuve. Il devra au contraire s’épargner pour faire ce qu’on attend de lui quand la course explosera dans son épilogue.”

Car la Belgique, comme l’Espagne, possède cet indéniable atout d’avoir dans ses rangs à la fois un redoutable puncher et un très puissant sprinter. Tous deux, qui plus est, très performants dans une longue course de 260 km. “Je suis en tout cas extrêmement motivé pour ce Mondial qui se déroule près de chez moi et dont le tracé convient parfaitement à mes qualités.”

Qu’on se le dise…



© La Dernière Heure 2012