Cyclisme

Des pleurs. Et une voix qui trahit autant d’incompréhension que de désarroi. "Je suis cassé, dégoûté; je ne comprends pas", évoque Jonathan Breyne, entre deux sanglots. Le coureur hennuyer a été averti hier après midi par l’UCI qu’il était suspendu provisoirement. "Cette décision a été prise suite à la réception d’un rapport en provenance du laboratoire de Pékin, accrédité par l’Agence mondiale antidopage, indiquant un résultat d’analyse anormal (présence de clenbutérol) dans un échantillon d’urine prélevé sur cet athlète lors d’un contrôle pendant le Tour de Taihu Lake, le 5 novembre 2013", indique l’UCI dans un communiqué.

Une épreuve sur laquelle Jonathan Breyne avait remporté la 8e étape, le 9 novembre, décrochant le 2e succès de sa carrière, après la kermesse de Borsbeek. Le coureur de Crélan-Euphony, âgé de 22 ans, se dit innocent. "Je n’ai absolument rien fait: c’est le monde qui s’écroule", explique-t-il. "Je ne sais vraiment pas d’où cela vient. Là, je ne vois qu’une seule explication : la nourriture et je pense plus spécialement à la viande. Est-ce que cela vient de là? Je ne sais pas. Tout le monde sait en effet qu’il y a beaucoup de problème avec la viande et le clenbutérol pour les sportifs, dans les pays asiatiques."

Michaël Rogers , le coureur australien de Saxo Bank, est dans le même cas que Breyne. Il a subi un contrôle positif au clenbutérol lors de la Japan Cup. "D’après les infos que j’ai eues de l’UCI, la quantité de clenbutérol est assez élevée", continue le Mouscronnois. "Plus que pour Contador, par exemple. Ils m’ont dit que l’échantillon B allait sans doute aussi être positif. Je vais demander la contre-expertise. Mais est-ce que cela vaut la peine dans ces conditions ? Il ne faut pas oublier que je n’ai pas retrouvé un contrat professionnel pour l’an prochain (NdlR: suite à l’arrêt de la formation de Gérard Bulens). Est-ce que je vais dépenser cet argent ? Je ne sais pas, je suis cassé. J’ai peur, aussi, car j’ai été contrôlé plusieurs fois, là-bas. Je suis dégoûté; je ne veux pas que ma carrière se termine comme ça alors que je n’ai rien fait. Pour mes supporters qui m’ont toujours suivi, pour mes proches, pour moi qui travaille à bloc depuis dix ans dans le vélo…"

La suspension provisoire de Jonathan Breyne reste en vigueur jusqu’à ce qu’une instance d’audition mise sur pied par la Fédération belge détermine si celui-ci a commis une infraction au règlement antidopage de l’UCI.