Cyclisme

Traditionnel coup d’envoi de la saison cycliste belge, le Circuit Het Nieuwsblad met fin à un trop long sevrage imposé chaque hiver à un peuple de fanatiques. Le parfum de l’impatience plane donc de la place Saint-Pierre de Gand aux pavés du Haaghoek.

Mais le vent du Nord ne semble plus porter les effluves de cette frénésie jusqu’au-delà de nos frontières. Le plateau de cette 69e édition manque ainsi d’une cruelle portée internationale. Fabian Cancellara, Peter Sagan et Filippo Pozzato (vainqueur en 2007) ont en effet choisi de faire l’impasse sur une épreuve qui semble perdre, depuis quelques années déjà, un peu de son prestige.

"C’est un constat que je ne peux qu’approuver", juge Patrick Lefevere, le CEO de l’équipe Omega Pharma-Quick Step. "Je ne sais pas si l’explication est à chercher dans une programmation que sont venues chambouler les épreuves du Moyen-Orient (NdlR : Dubaï, Qatar et Oman) ou dans un manque de moyens financiers. C’est en tout cas dommage qu’une partie de la dimension glamour de ce rendez-vous s’envole ainsi. Même si notre équipe est aujourd’hui très internationale de par la composition de son effectif (12 nationalités) et les intérêts de nos sponsors, c’est un petit drapeau belge qui figure à côté de notre nom. Ce week-end d’ouverture reste donc important pour nous et je serai évidemment très heureux si nous pouvions nous y imposer. La pression ? Où que nous roulions, nous sommes de toute façon attendus. Lorsque vous gagnez plus de 50 courses sur une saison (en 2013), la pression est présente toute l’année." (rires)

Si l’intérêt des équipes belges et de ses principales têtes d’affiche (Gilbert a toutefois choisi de faire l’impasse sur toutes les Flandriennes), il n’en va pas de même à l’étranger.

"Le Nieuwsblad et Kuurne possèdent une dimension historique indéniable, mais cela ne fait pas tout dans le cyclisme moderne", jugeait ainsi Fabian Cancellara dans les colonnes du Laatste Nieuws. "S’il était nécessaire de disputer ces épreuves autrefois pour arriver en forme sur les grandes classiques d’avril, ce n’est plus le cas aujourd’hui."

Une analyse que Dirk Demol, le directeur sportif de Cancellara chez Trek, pousse même un peu plus loin. "Fabian est le seul coureur à avoir enchaîné Dubaï, le Qatar et Oman et il compte déjà 16 jours de course à son compteur. Il ne doit donc pas courir à tout prix pour retrouver le rythme de la compétition. Il n’a finalement pas besoin du Nieuwsblad . Cela fait plusieurs années maintenant qu’il a choisi cette option (NdlR : il n’a plus disputé le Nieuwsblad depuis 2008) car ce rendez-vous est aussi programmé dans une des périodes creuses propices à de longs entraînements et à la récupération. C’est une étape importante dans la construction d’une condition que nous voulons optimale de Sanremo à Roubaix. Ces objectifs sont, certes, les mêmes que ceux de Boonen qui, lui, sera au départ, mais je pense que pour le champion belge, il serait très difficile de faire l’impasse sur ce rendez-vous. Cela une vitrine de premier choix pour les sponsors nationaux."