Cyclisme Alberto Contador va tirer sa révérence en ayant gagné l’étape du mythique Angliru alors que Chris Froome doublera Tour et Vuelta.

C’est ce qui s’appelle partir en beauté. À la veille de sa retraite, ce dimanche à Madrid, Alberto Contador a remporté la 20e étape de la Vuelta, au sommet du mythique Angliru. À 34 ans, le champion de Pinto s’est imposé pour la deuxième fois sur la terrible montée des Asturies, neuf ans après son premier succès.

Comme il l’avait fait une demi-douzaine de fois au moins ces derniers jours, le Madrilène a encore attaqué, en compagnie de son équipier Jarlison Pantano, dans la descente du Cordal, l’avant-dernière difficulté, d’une étape terrible, courue en grande partie sous la pluie, qui a provoqué des bouleversements importants au classement en raison de nombreuses défaillances.

Pour vingt secondes, Contador échouera ce dimanche au pied du podium sur lequel il avait virtuellement pris pied un long moment dans la montée. El Pistolero finira 4e, derrière l’inaccessible Christopher Froome, Vincenzo Nibali s’est accroché, malgré une chute, à la deuxième place, tandis que le Russe Ilnur Zakarin les accompagnera pour la cérémonie protocolaire.

Le coureur de Katusha a déboulonné dans les trois derniers kilomètres (et leurs passages à 21 et 23 %) Wilco Kelderman, repoussé en cinquième position, juste derrière Wout Poels. Le lieutenant de Chris Froome, le seul qui aurait sans doute pu menacer le succès d’étape de Contador, s’il n’avait accompagné son leader jusqu’au sommet, terminera sixième.

Il ne reste donc que 117,6 kilomètres, entre Arroyomolinos et Madrid, d’une ultime étape plate, réservée aux sprinters, pour en finir avec cette 72e édition particulièrement difficile d’un Tour d’Espagne qui fut bien plus passionnant que ne l’avait été le Tour même si le vainqueur des deux courses sera le même homme.

"Je ne pouvais pas vivre une fin de carrière aussi belle que celle-ci, en parvenant à gagner au sommet de l’Angliru", souriait Alberto Contador après l’étape. "J’ai tout donné. Ce matin, il était clair pour moi que c’était mon jour. Je devais tirer ma révérence de cette matière. Il n’y avait pas de meilleur moment ou de meilleur endroit pour dire au revoir. Je profite, dans cette vie il faut savourer chaque jour, chaque moment et je le fais. C’était la dernière grande étape de montagne de ma carrière. Ce matin, j’avais cette tension, mais aussi cette envie de la disputer. Je ne pouvais pas terminer d’une meilleure manière que celle-ci. Les encouragements du public m’ont mis la chair de poule, c’était une journée énorme."