Cyclisme

Cyclisme: Meirhaeghe et Vanhaecke seront les fers de lance de la formation française de division 2

OSTENDE Janvier est le mois des voeux et des bonnes résolutions. Lors de la présentation, hier, de sa nouvelle équipe Crédit Agricole-RDM-Colnago, Gérard Bulens a formulé l'espoir d'être épargné par la guigne. Celle-ci, en effet, ne l'épargna pas en 2000. `Depuis que je m'occupe d'équipes cyclistes, je n'avais jamais connu autant de malchance´, assène cet ancien professeur d'éducation physique. `Pour rappel, je citerai pêle-mêle les chutes de Vanhaecke aux Trois Jours de la Panne et à la Flèche Wallonne (alors qu'il se trouvait dans le groupe de tête après le deuxième franchissement du Mur de Huy), la cabriole de Tom Desmet lors de la 3e étape du TRW, la maladie de Jan Poppe, la mononucléose de Morgan Fox et le grave problème cardiaque d'Emanuelsson qui l'a définitivement écarté des pelotons. Pour couronner le tout, on ajoutera notre non-sélection pour le Tour des Flandres alors que nous avions la possibilité d'y briller (avec Vanhaecke notamment). La Coupe est pleine.´

On ajoutera que la formation de Gérard Bulens fut alors écartée du Ronde au profit de l'équipe Crédit Agricole de Roger Legeay, laquelle passa totalement inaperçue lors de la légendaire épreuve flamande. Il importe ici de souligner que le Crédit Agricole belge n'a absolument rien à voir avec son homologue (et homonyme) français. D'ailleurs (règlement UCI oblige), l'appellation officielle de l'équipe sera Landbouwkrediet afin d'éviter toute confusion en course (Radio-Tour) et en dehors (classements divers).

Comme par le passé, la vocation de cette équipe de division 2 sera avant tout la formation de jeunes en vue d'une éventuelle éclosion. `Même si l'UCI veut faire disparaître les petites équipes telles que la nôtre´, confie Bulens sur un ton manifestement agacé, `j'ai la prétention de croire que nous sommes indispensables. Nous formons la base de la pyramide, celle grâce à laquelle les coureurs apprennent le métier. Foulez au pied les principes de cette base et, dans 3 ans, il n'y aura tout simplement plus de cyclisme en Belgique. Si Merckx et Vandenbroucke constituent des exceptions au niveau belge, des gars comme Museeuw, Tchmil (chez moi avec SEFB), Dierckxsens, Van Petegem ou Steels (qui doit se remettre d'une mononucléose dont on ne peut malheureusement jamais mesurer et prévoir les conséquences) sont tous passés par des groupes sportifs de plus petite envergure. On a beau dire que Domo est une nouvelle équipe belge, elle est formée de coureurs (belges) déjà d'expérience; je demande à voir ce qu'elle fera pour le cyclisme belge dans 3 ans! L'UCI, elle, veut manifestement créer une sorte de Champions'League du vélo, ce qui, à terme, signifiera la disparition des petits , tant au niveau des groupes que des organisateurs´ (et ceux du Volk, par exemple, sont de petits organisateurs!).

Gérard Bulens, contre vents et marées, gardera le cap qui est le sien depuis toujours. Des 14 coureurs qu'il emploiera à plein temps (pour un budget de 25 millions), il espère sortir l'un ou l'autre réel espoir qui pourra faire le saut vers l'échelon supérieur. Ses fers de lance ne seront autres que Michel Vanhaecke (qui nous a paru déjà très affûté) et Filip Meirhaeghe. En 2001, notre star du VTT s'essaiera un peu à toutes les disciplines, sur piste, sur route et en cyclo-cross (il pourrait tenter d'obtenir une sélection pour le Mondial de Zolder début 2002), même si sa préoccupation principale demeurera le VTT.