Cyclisme

"Ce n'est que la deuxième fois que je gagne en solitaire", explique Damiano Cunego

COME Ceux qui se souviennent de lui, il y a quatre ans, lorsque sa saison 2004 l'avait catapulté au sommet de la hiérarchie mondiale (Damiano Cunego fut le dernier n°1 de l'histoire avant que le classement mondial ne fasse place au ProTour), ont noté depuis que le Vénitien a changé. Timide, réservé, introverti, l'Italien a mûri. "C'est vrai, j'ai changé" , reconnaît lui-même le désormais triple vainqueur de la Classique des Feuilles mortes où il rejoint Henri Pélissier, Gustavo Belloni, Costante Girardengo et Gino Bartali, des champions d'autres âges. Seuls, les légendaires Alfredo Binda (4 victoires) et Fausto Coppi (5 succès) ont fait mieux qu'eux. "Je suis très content d'avoir gagné" , expliqua, après être descendu du podium, le coureur de Vérone. "Ce matin (hier), j'étais très nerveux. Tout le monde annonçait que j'allais réussir le triplé. Et dans ce cas-là, tout le poids de la course repose sur vous. Ce fut le cas, mais, heureusement, l'équipe a été extraordinaire." Avec Santambrogio, qui ne menait pas, dans l'attaque des onze, la Lampre jouait sur du velours. Mais il fallut quand même que les autres partenaires de Cunego se mettent à la planche ensuite. Parmi eux, un certain Alessandro Ballan. Le champion du monde n'hésita pas, comme il l'avait annoncé, à se sacrifier pour son équipier, par ailleurs son dauphin au mondial. "Je crois que cette victoire est, des trois, ma plus belle" , avoua encore Cunego. "Je ne gagne pas souvent seul. Ce n'est que la deuxième fois que cela m'arrive (après un succès au Giro 2004, dans la 16e étape à Falzen, dans le Trentin). En général, je gagne dans des sprints d'un petit groupe." Mercredi, Cunego était venu reconnaître le final (il avait effectué 160 du parcours). "J'avais noté que la descente du Civiglio était propice à ce genre d'attaques" , dit-il. "J'avais de bonnes sensations et j'ai osé. Derrière, ils devaient aussi faire des efforts." Et manifestement, avec plus de difficultés que l'Italien. E. d.F.



© La Dernière Heure 2008