Cyclisme Paris-Nice s'est souvenu du champion du monde, décédé en course

SISTERON Le monde du cyclisme fêtait jeudi un triste anniversaire, celui de la mort en course de Jean-Pierre Monseré. C'était le 15 mars 1971, il portait le maillot de champion du monde, gagné de main de maître à Leicester, l'année précédente. Lors de la finale de ce Mondial 70, Gimondi s'était porté à sa hauteur, avait tenté de l'impressionner en lui faisant comprendre qu'il était le patron. Monseré, tout jeune pro, n'avait rien voulu entendre. Ce jour-là, le patron, ce fut lui ! Chacun était persuadé qu'il était promis à un bel avenir. Une voiture, circulant en sens inverse lors d'une kermesse à Retie, vint briser le rêve. Monseré décédait sur le coup. L'histoire dit encore qu'il se trouvait en tête de cette épreuve à laquelle il n'aurait jamais dû participer et que c'est en jetant un regard vers l'arrière qu'il s'est déporté du côté où arrivait la voiture.
Si quelques-uns des suiveurs de la Course au Soleil se sont remémoré ce pénible souvenir, c'est aussi parce que l'étape, partant de Tarascon, passait par Saint-Rémy de Provence, l'endroit où Eddy Merckx se trouvait lorsqu'il apprit la mort de Monseré. " Je me souviens très bien de ce terrible épisode, confiait-il hier. Je portais le maillot de leader depuis le premier jour (NdlR: il remporta ce Paris- Nice). Gérard Vianen avait gagné l'étape. C'est Robert Lelangue qui m'a annoncé la nouvelle. J'étais détruit. Jean-Pierre était extrêmement doué. Sur les courses d'un jour, il aurait été l'un de mes adversaires les plus coriaces. Cette journée reste une des plus noires de ma carrière. "
Jeudi, deux suiveurs avaient encore un souvenir très vif de Jean-Pierre Monseré: Gérard Moneyron, actif chez Mavic, et, surtout, Leif Mortensen, commentateur sur Eurosport. " Jean-Pierre, c'était la classe à l'état pur, dit le Danois, je n'oublierai jamais comment il s'est imposé à Leicester. Il avait une confiance en lui extraordinaire. Ce jour-là, je n'ai absolument rien pu contre lui. J'ai fini 2e et Gimondi, 3e. Chez les amateurs, c'est moi qui avais été couronné alors que Jempi avait échoué à la 2e place. "
Gérard Moneyron, équipier de Godefroot, de Maertens et de Pollentier chez Flandria, était passé pro en 70. " Mais j'étais loin d'avoir les jambes de Monseré, dit-il. Je l'ai côtoyé quelquefois et je vous garantis qu'il serait devenu un tout grand. Brik Schotte n'avait pas son pareil pour dénicher le talent. Il aurait été un des plus grands rivaux de Merckx dans les classiques. "
Le sort en a malheureusement voulu autrement. Foudroyé en pleine gloire, Monseré n'a toujours pas été oublié...