Cyclisme

José De Cauwer ne tarit pas d'éloges pour son jeune poulain auquel il promet le plus bel avenir

VARÈSE Consultant pour la VRT jusqu'à ce soir, José De Cauwer est très bien placé pour juger des chances belges de s'illustrer dimanche dans le Mondial. Il y a trois ans, l'ancien lieutenant d'Hennie Kuiper puis directeur sportif des équipes Daf Trucks, ADR et Tulip, était à la tête de l'équipe nationale quand Tom Boonen devint le vingt-cinquième Belge champion du monde. À trois jours de la plus importante épreuve d'un jour de la saison, le Waeslandien est raisonnablement optimiste.

"Nous avons une belle équipe, équilibrée, plus forte que les saisons précédentes, dit-il. Il ne manque personne et nous ne devons pas faire la course. Boonen est bien, Nuyens aussi, Gilbert m'a inquiété lorsqu'il a sauté dans une des dernières étapes de la Vuelta, mais c'était peut-être un jour sans ? Cela dit, j'ai peur que ce ne soit pas suffisant quand la bagarre éclatera dans les trois ou quatre derniers tours. Car l'Espagne et l'Italie vont tout faire sauter, sans attendre un sprint de quarante coureurs. Ils vont tout faire, car ils disposent des hommes pour cela, afin de se débarrasser des sprinters comme McEwen et Boonen. Freire, lui, peut aller plus loin qu'eux. Mais, manifestement, l'Italie a construit toute son équipe autour de Bettini et, lui, doit aussi lâcher l'Espagnol."

Bettini a fait son éloge

Alors, selon le futur ex-directeur sportif de Silence-Lotto, la meilleure arme belge, c'est peut-être encore Greg Van Avermaet. Si pas dès cette année, dans un futur proche très certainement.

"Van Avermaet, il est différent de Boonen qui est plus rapide que lui. Pour moi, c'est plutôt un Zabel, en un peu plus complet encore, je pense. Car de Milan-Sanremo à l'Amstel, il pourra bientôt tout gagner, sans parler du maillot vert, ou De Vlaeminck, encore que la concurrence est bien plus large aujourd'hui qu'à l'époque de Roger", dit celui qui connaît particulièrement bien le récent vainqueur du classement par points de la Vuelta. "Il n'a que 23 ans, à peine cinq ans de cyclisme derrière lui. À son âge, Valverde n'avait pas réalisé ce qu'il a fait. Croyez-moi, ses valeurs naturelles sont énormes et exceptionnelles. C'est un coureur qui récupère bien, on vient de le voir à la Vuelta où après le deuxième jour de repos, il a été un peu malade et pourtant, il a fini fort. En course aussi, il peut se mettre dix fois dans le rouge et encore finir le travail. Il a encore une marge de progression très importante, il vient seulement de commencer à travailler avec un entraîneur particulier. Je suis persuadé, si sa carrière se déroule normalement, qu'il va gagner des grandes courses. Pas une, plusieurs. Pour moi, il sera champion du monde un jour."

Aux yeux de son voisin (ils vivent tous deux dans le Pays de Waes) et mentor, le jeune coureur a toutes les qualités.

"C'est aussi un gagneur, un énorme caractère, un coureur qui voit clair, qui n'hésite pas à faire la course, dit-il. Vous connaissez beaucoup de coureurs de 23 ans dont Bettini a fait l'éloge comme il vient de le faire de Greg à la Vuelta? C'est aussi un ambitieux, il rêve de devenir champion du monde. Il pense d'ailleurs toujours à des choses auxquelles son entourage ne pense pas encore. Vous lui dites : 'Tu peux faire 5e !' Alors il répond : 'Si je peux être 5e, je peux aussi gagner !' Ah! oui, c'est vrai..."



© La Dernière Heure 2008