Cyclisme Après deux saisons noires, Tom Dernies sera toujours pro l’an prochain : il a signé chez Roubaix-Lille Métropole.

Tom Dernies s’est sauvé. À la dernière minute. Le coureur installé à Forville, en province de Namur, vient de trouver un contrat pour l’an prochain : il sera donc toujours professionnel en 2018. "C’est un énorme soulagement", souffle-t-il, apaisé. "J’ai vraiment eu peur que cela s’arrête quand j’ai appris que je n’allais pas être conservé chez WB-Veranclassic-Aqua Protect. Mais, heureusement, j’ai pu signer chez Roubaix-Lille Métropole."

Une équipe qui a toujours eu plusieurs Belges dans son effectif ces dernières années (Baptiste Planckaert, Maxime Vantomme, Timothy Dupont, le regretté Daan Myngheer et bien d’autres). Une formation dans laquelle il sera un peu en famille puisque son papa, l’ancien pro Michel Dernies, y est un des directeurs sportifs.

"C’est chouette de retrouver mon père dans la même équipe, on s’entend bien", continue Tom Dernies, qui est impatient de tourner la page de deux saisons noires. "Je viens de vivre deux années très difficiles, j’ai constamment été retardé ou à l’arrêt. Cela n’a pas été facile à vivre. Mon nombre de jours de courses parle de lui-même : je n’ai fait que dix ou onze épreuves cette saison… J’ai fait six courses UCI et quatre ou cinq kermesses… Après une année 2016 marquée déjà par plusieurs ennuis de santé, j’ai souffert d’une pneumonie lors du stage de préparation en hiver. Et puis j’ai dû être opéré du genou. Je n’ai donc fait ma première course que le 1er mai, au Circuit de Wallonie, avant d’être directement à l’arrêt suite à une inflammation du cartilage de la rotule. Je ne suis alors revenu qu’au mois d’août. J’ai dû me battre pour retrouver un niveau acceptable en peu de temps. Et cela s’est terminé à… l’hôpital."

Avec une lourde chute lors de la Famenne Ardenne Classic. "C’était ma dernière course, qui me motivait vraiment beaucoup, mais le coureur devant moi n’a pas suivi la vague du peloton, il a freiné net, m’emmenant au sol. J’étais sonné. Et bien ouvert."

Avec un visage raccommodé avec douze points de suture. "Je n’ai donc fait que quelques kilomètres lors de cette dernière course", continue Tom Dernies. "J’étais vraiment déçu, car je sentais que je revenais bien dans le coup. Mais c’est du passé, désormais. J’ai le regard tourné vers 2018. Mon envie est énorme, j’ai tellement peu couru cette année ! J’aurai au moins l’avantage d’être frais la saison prochaine ! Je veux saisir cette chance de pouvoir continuer. Je ne voulais vraiment pas arrêter ma carrière, passer à autre chose. Je reste confiant, j’ai déjà montré en obtenant des podiums sur des épreuves classe 2 ou des Tops 10 sur des courses UCI de classe 1 que je sais rouler. Et avec les sensations qui étaient revenues en fin de saison, je veux le prouver l’an prochain."

Pardini: "Je continue"

Comme Tom Dernies, Olivier Pardini n’a pas été conservé chez WB-Veranclassic-Aqua Protect. À l’âge de 32 ans, le Liégeois n’était pas certain de continuer sa carrière, sans contrat pro. Mais il sera toujours coureur l’an prochain.

"Je viens de donner mon accord à une équipe, mais comme je n’ai pas encore signé mon contrat, ce qui devrait être fait la semaine prochaine, je préfère ne pas dévoiler son nom", raconte celui qui avait réalisé sa meilleure saison en 2016, remportant plusieurs épreuves de classe 2 (dont le Circuit des Ardennes) ou terminant troisième de la Classic Sud Ardèche, derrière Vakoc et Simon, et devant Bardet, ou quatrième des Trois Jours de Flandre occidentale. "Tout ce que je peux dire, c’est qu’il s’agit d’une formation continentale étrangère. Je n’y aurai pas de contrat professionnel, mais je pourrai y être le leader et y encadrer les jeunes."

Il pouvait visiblement avoir un contrat pro ailleurs, dans une continentale. "Mais c’était vraiment un contrat au rabais, et j’ai préféré prendre une autre option", termine le Liégeois. "Avec ma future équipe, je pourrai avoir un beau programme, international, avec de nombreuses épreuves que j’ai déjà disputées et qui me plaisent."

Vingt pros wallons en 2018

S’il y avait 22 pros wallons cette saison, ils ne devraient être que 20 l’an prochain, puisque Gaëtan Bille et Christophe Prémont arrêtent, qu’Olivier Pardini sera élite sans contrat et que Robin Stenuit cherche toujours une solution. Pour rappel, il y aura deux néo-pros : Julien Mortier et Franklin Six.