Cyclisme

Comme Marichal, il a appris hier qu'il n'était pas conservé à la FDJ et ne veut plus courir en 2008

PARIS Hier matin, dans le train qui le menait à proximité du lieu de départ de Paris-Corrèze, qui commence aujourd'hui, Christophe Detilloux nous expliquait qu'il ne savait pas encore de quoi son avenir serait fait. "Je n'ai toujours pas de nouvelle de la direction de l'équipe mais ce qui est sûr, c'est que si je ne suis pas prolongé à La Française des Jeux, j'arrête ma carrière ", disait-il.

Quelques heures plus tard, il recevait un coup de fil de son directeur sportif, Marc Madiot. Qui lui a effectivement annoncé que l'équipe ne comptait pas le garder. "Donc voilà, c'est fait : je ne serai plus coureur l'an prochain ", déclarait hier soir, sur sa table de massage, Christophe Detilloux. "J'ai senti que Marc Madiot était un peu mal à l'aise. En fait, il était certain que je bossais pleinement sur mon projet d'ouvrir une brasserie à Visé. Il n'était pas au courant que nous avons eu du retard au niveau des permis d'urbanisme. Mais il m'a précisé qu'il devait faire place à des jeunes et qu'il ne pouvait plus s'appuyer sur des coureurs qui n'étaient plus motivés pour aller faire des grands tours, comme la Vuelta, par exemple. Ce qui était, il est vrai, mon cas. Et que dans ces conditions, il est obligé de mettre des jeunes qu'il a peur de griller. "

Enervé ces derniers temps de ne pas avoir de nouvelles de ses dirigeants, alors que la rumeur d'une non-reconduction de contrat circulait depuis le Tour de Wallonie, Christophe Detilloux a pris la nouvelle avec un mélange de déception et de soulagement. "Honnêtement, je ne voulais pas faire l'année de trop ", continue le Liégeois. "L'an passé, je n'étais plus trop motivé, en début de saison non plus, avec ma série de chutes sérieuses, comme à Milan-Sanremo ou au Tour des Flandres, où j'avais pourtant des jambes qui pédalaient dans du beurre. Mais j'avais quand même envie de faire une dernière saison sans pépin. Bon, la décision est tombée. Et comme je l'ai dit, il n'était pas question pour moi de chercher à me recaser dans une autre équipe. Je me sentais bien à La Française des Jeux, une belle formation, et je m'entendais bien avec les coureurs. "

Une reconversion dans l'horeca

Toto Detilloux va donc donner ces deux prochains mois ses derniers coups de pédale chez les pros. "J'aime autant savoir maintenant qu'il s'agit de ma dernière année ", rigole Detilloux, qui ne perd jamais son sens de l'humour. "Comme cela, je pourrai profiter des dernières courses en Belgique et notamment en Wallonie, avec le Grand Prix de Wallonie et le Circuit Franco-Belge. Je ne m'attendais pas à faire 12 ans de carrière. Surtout que, c'est vrai, je n'ai jamais vraiment fait le métier à fond. Le vélo ne m'a jamais occupé l'esprit à 200 % comme certains coureurs. "

À côté de projets immobiliers déjà en cours, Christophe Detilloux compte bien finaliser l'an prochain son projet de brasserie à Visé dans sa nouvelle vie. On ira donc bientôt tous boire un coup chez Detilloux...



© La Dernière Heure 2007