Cyclisme Avant d’attaquer dans les trois derniers kilomètres, le Wallon était déjà devant sur la toute dernière ascension de Salmon Hill.

Il restait deux Belges dans le groupe de vingt-neuf hommes qui s’est disputé la victoire et ces deux-là étaient bien les leaders autour desquels Kevin De Weert avait articulé son groupe. Comme Greg Van Avermaet, Philippe Gilbert a répondu présent, mais il n’a su faire la différence et doit se contenter d’une 17e place. Le Wallon était même devant dans la dernière ascension de Salmon Hill.

"Après, Julian (Alaphilippe) est parti" , raconte Gilbert. "Je pense qu’il est parti trop fort, c’est mon sentiment. Il est parti très fort, j’ai dû un peu attendre, je savais qu’on ne peut pas faire un effort aussi violent et, ensuite, encore faire sept bornes derrière. Au début, j’ai pensé qu’il allait temporiser. Il fallait arriver au sommet, puis relancer encore, or, lui, il roulait comme si l’arrivée avait été tracée au-dessus de la côte. Je savais que si je tenais cette vitesse, ça n’allait pas aller après. J’ai préféré attendre, Moscon et Terpstra m’ont dépassé. Et puis, Greg était là, derrière, avec cinq ou six gars. Je me suis dit que c’était mieux d’attendre. C’était encore loin. Ensuite, le reste du peloton est rentré dans la descente. C’est le Danemark qui a roulé pour Magnus Cort Nielsen. On est rentré au demi-tour, à trois kilomètres."

Dans la finale, Philippe Gilbert a encore tenté le tout pour le tout, ce qui a échappé aux caméras de la télévision norvégienne. "Je suis sorti à 2,5 km. Gaviria était à 15 m de moi, Sagan a 30 m, j’ai insisté parce que j’ai pensé que, s’ils hésitaient un peu, je pourrais partir, mais tout est rentré. Je me suis fait passer par tout le monde et c’était fini."

Après coup, on peut se demander si le circuit était assez dur. "C’est aussi ça qui faisait la beauté de ce championnat", dit le champion du monde 2012. "Ça laissait leur chance aux puncheurs et sprinters. C’était motivant pour beaucoup de monde."

Gilbert défend fermement le bilan de l’équipe belge. "Nous n’avons pas fait d’erreur.s On a bien contrôlé jusqu’à cinq tours de l’arrivée puis on s’est retrouvé dans une belle situation avec Wellens devant. Nous, nous étions dans une position assez confortable et, dans la finale, on était encore là tous les deux, mais pas assez forts pour aller avec Alaphilippe…"

Sagan, lui, avait préféré jouer la carte du sprint. "On sait que le vainqueur a toujours raison. On n’a pas vu Sagan de toute la course. Je l’ai aperçu au départ et puis la deuxième fois que je l’ai vu, il restait quatre ou cinq kilomètres à couvrir. Et puis, gagner quand tu es malade c’est beau. Tout le monde s’habitue à ses performances mais il ne faut pas oublier qu’il est jeune, encore. C’est quand même un phénomène."