Gilbert bute sur Rodriguez qu’il attend dimanche

Eric de Falleur Publié le - Mis à jour le

Cyclisme

Troisième, le Liégeois s’est pleinement rassuré avant Liège-Bastogne-Liège

HUY Le doute n’est plus permis, Philippe Gilbert est de retour. Pas loin de son meilleur niveau en tout cas. Bien sûr, le Liégeois n’a pas survolé hier la Flèche de la même manière qu’il l’avait fait l’an dernier. Il a dû accepter la domination de Joaquin Rodriguez, enfin récompensé par une victoire dans une classique derrière laquelle l’ancien champion d’Espagne court depuis des années, mais sur une montée a priori trop pentue pour lui.

“C’est un bon résultat; donc je suis content car je viens de très loin; jamais je n’aurais cru que j’allais faire cela” , lâcha-t-il à même la ligne, quelques secondes après en avoir fini avec la difficile ascension. “Évidemment, je n’ai pas gagné, mais je reviens bien en forme.”

Depuis une semaine, à chaque course, le champion de Belgique a fait deux fois mieux en terminant 12e à la Flèche Brabançonne, puis 6e à l’Amstel et, hier, 3e. “Malheureusement, on ne peut pas diviser trois par deux” , rigolait-il en pensant à Liège-Bastogne-Liège, dimanche. “Ma forme est en hausse constante depuis deux ou trois semaines. Mes jambes sont de mieux en mieux, mes résultats font plaisir. Dimanche, je n’étais que 6e, mais j’ai pesé sur la course; aujourd’hui (hier), j’ai moins pesé, mais je monte sur le podium.”

Le coureur de BMC est rassuré et satisfait. “C’est très important pour moi d’être bien à ce moment de la saison, dans mes courses, devant mes supporters que je veux encore remercier pour leur soutien dans ces moments difficiles” , poursuivait-il. “C’est une réponse à mes détracteurs, à la presse, aux anti-Gilbert.”

Philippe Gilbert revint sur le déroulement de cette 76e édition de la Flèche . “La météo a joué en ma faveur” , disait-il. “Je n’ai pas apprécié le nouveau tracé; c’était nul. Le début a été difficile comme l’année passée; j’en ai parlé avec Freire, on encaisse difficilement les efforts fournis à l’Amstel qui restent dans les jambes. Dans les derniers kilomètres, j’étais très loin dans le groupe, j’avais très peur dans la descente, car le vent soufflait de face et, surtout, c’était extrêmement dangereux. Je n’ai pas voulu prendre de risques; j’étais à la fin du groupe, mais comme il n’y avait plus que soixante coureurs, ce n’est pas très loin. J’ai fait l’effort à deux kilomètres de l’arrivée et sur le pont en traversant la Meuse, j’ai fait un sprint et je me suis replacé. Je tourne au pied du Mur en cinquième, sixième position. C’était parfait.”

Mais il n’y avait rien à faire face à Rodriguez. “Il était comme moi l’an dernier” , analysait encore le Monégasque. “Rodriguez est le vainqueur logique; son équipe a assumé le travail. Il a démarré au même endroit où j’étais parti. Quand on est le plus fort, c’est là qu’il faut attaquer. Je n’ai pas voulu réagir tout de suite car c’était encore long et j’avais mal aux jambes. Je devais limiter mon effort au minimum et espérer que Rodriguez coince, mais ça n’a pas été le cas . (il sourit) Puis Albas ini est passé et, lui aussi, je n’ai pu le reprendre.”

Mais dimanche, l’Espagnol et le Belge pourraient se livrer à la belle sur les routes de la Doyenne . “Liège-Bastogne-Liège, c’est mon grand but, ma course, qui passe chez moi” , dit-il. “Le mauvais temps peut être un allié; il jouera en ma faveur, j’aime bien le froid, je résiste mieux par rapport aux Espagnols et aux Italiens habitués à la chaleur. C’est excellent pour la motivation. En plus, elle me convient mieux que la Flèche. C’est une course plus longue, plus dure. Je suis toujours mieux après six heures de course qu’après cinq heures. C’est la plus belle, la plus importante et chaque jour, je suis plus fort.”



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