Cyclisme

Chez BMC, on ne se fait aucun souci par rapport à la forme du champion de Belgique qui, ici, travaille consciencieusement

BRUXELLES Fort peu d’informations filtrent de l’équipe BMC où l’on ne tient plus à trop s’étendre sur les bruits alarmants concernant Philippe Gilbert, des bruits qui viennent parfois d’équipes concurrentes. “Dois-je encore le répéter?” nous demande John Lelangue. “Je ne suis pas inquiet en ce qui concerne Philippe Gilbert. Ce sont les autres qui le sont. Et au fond, ça m’arrange. Depuis décembre, nous respectons exactement notre plan de travail. L’objectif de Philippe sur Tirreno était de bosser, de faire des efforts, mais pas de se montrer et encore moins de gagner. Le travail effectué ici, notamment durant les trois-quatre derniers jours de la course paiera au moment ad hoc; il constitue même une préparation idéale en vue des classiques. Je dois faire face ces temps-ci à toutes sortes de questions par rapport à mon leader, mais je ne comprends toujours pas cette vague d’émotions. J’estime aussi que les dirigeants d’autres équipes devraient s’abstenir de faire leurs commentaires sur Gilbert. Moi, je n’en fais pas sur leurs coureurs, sinon en bien!”

La tension est quand même palpable. Mais John Lelangue, en garçon intelligent, se doutait bien qu’il pouvait se retrouver dans cette situation. Après la saison phénoménale réalisée par Gilbert en 2011, les attentes par rapport au Liégeois sont fatalement énormes.

Ce qu’on sait, par ailleurs, c’est que Philippe Gilbert travaille aussi sa position en machine, une position qui, jusqu’ici, ne le satisfaisait pas vraiment. Nick Mondelaers, le mécanicien belge de BMC, a ainsi été désigné sur la Course des 2 Mers pour remédier à ce problème. Il semblerait qu’il soit quasi résolu et provenait apparemment non pas de la selle mais de la potence ou du guidon qui devait être ajusté. Ceci dit, pour vous donner une idée de la folie qui tourne ici autour de Gilbert, la vingtaine de minutes qu’il avait passée à vélo, un matin, pour tester sa position était devenue, selon radio tam-tam à Tirreno un entraînement de deux heures avant l’étape pour tenter de rattraper un retard de condition. “Si je programme un tel entraînement, par exemple derrière moto ou derrière auto, je le dis ouvertement, sans faire de mystère” , rectifiait Lelangue en haussant les yeux au ciel...

Hier après-midi, après l’étape, Philippe Gilbert est sorti du car BMC pour répondre brièvement à nos questions. Il a, en gros, répété les mots de John Lelangue. Sa prestation ne lui inspire aucune inquiétude, d’autant que ce Tirreno n’a pour lui rien à voir avec celui de l’an dernier. “Cette fois, c’est plus pour les grimpeurs, il est logique que je ne sois pas là; moi, je suis ici pour travailler ma condition. L’an dernier, c’était un Tirreno pour les coureurs comme moi. Mais je vais peut-être me tester dans l’étape de ce lundi (Offida), ça dépendra des circonstances de course. Sachez que je me sens bien, en tout cas beaucoup mieux que ce que la presse dit. Vous vous inquiétez, moi non.”

Aucun souci donc. Au fond, tout ce qui compte, c’est que Philippe Gilbert soit présent aux rendez-vous qu’il s’est fixés. Et le premier, c’est samedi prochain...



© La Dernière Heure 2012