Cyclisme

Philippe Gilbert redit son désir de remporter Milan-Sanremo, une des courses de ses rêves

MILAN S’il n’y avait eu la polémique née de ses déclarations sur les drapeaux flamands, Philippe Gilbert aurait passé une bonne semaine, chez lui à Monaco, où il a privilégié la récupération et l’entraînement (6h30 mercredi, quatre jeudi et encore une bonne sortie hier matin avant le transfert en voiture vers la Lombardie) entre Paris-Nice et Milan-Sanremo que le Wallon aborde dans la peau d’un favori de la deuxième ligne. Ce qui n’est pas pour lui déplaire.

“Le principal favori, c’est Peter Sagan, c’est lui qui aura le plus d’étoiles dans la Gazzetta (NdlR : la Gazzetta dello Sport, le journal organisateur de l’épreuve), il roule pour une équipe italienne en plus. Il est très fort en montée, en descente et au sprint, c’est difficile de le battre, d’autant qu’il est très malin en course, mais il n’est pas imbattable” , dit le champion du monde.

Gilbert a la possibilité de devenir, trente ans après Giuseppe Saronni, le premier porteur du maillot arc-en-ciel à gagner la Classicissima. “C’est vrai que j’ai envie de gagner avec ce beau maillot, mais j’ai toujours envie de gagner une course comme Sanremo, c’est une de celles dont je rêve, si c’est cette année tant mieux, si c’est plus tard, j’attendrai (il sourit). Simplement, maintenant que je porte ce maillot, on me voit plus encore, les caméras s’attardent plus sur moi.”

Un an après un début de saison catastrophique, le Liégeois a retrouvé un rang plus conforme à son statut de star du peloton. “Je n’ai plus mes problèmes dentaires” , sourit-il. “Ma condition est nettement meilleure, je suis prêt. Même avant d’être professionnel, je rêvais de gagner Milan-Sanremo. Elle me fascine depuis que je l’ai découverte en 2004 et que je l’ai aimée. J’en rêve.”

Le Wallon se risque à livrer son scénario idéal. “J’aimerais que ce soit dur et qu’il ne reste qu’un groupe de maximum trente coureurs au pied du Poggio , dit-il. Cela fera une course ouverte sans plus trop d’équipiers. Ce que je crains, c’est que des équipes aient encore six ou sept coureurs dans la finale et contrôlent tout. La météo devrait jouer un rôle important, mais il y a tellement de paramètres qui entrent en ligne de compte. Le principal, c’est la forme du jour. C’est sur le vélo que ça compte, ce qu’on dit avant la course, le matin au départ, tout cela n’a pas beaucoup d’importance. On peut donner beaucoup de noms de favoris, à des degrés divers. Au moins vingt, j’en fais partie, mais l’important, c’est de jouer la gagne dans la finale.”

Justement, le coureur de BMC évolue à domicile ou presque. “C’est une finale que je connais bien, sur laquelle je m’entraîne régulièrement, en hiver aussi. Mais c’est une course d’attente de six heures trente et après, il faut saisir l’occasion si elle se présente, mais parfois, elle ne se présente jamais. Il n’y a pas de recette miracle.”



© La Dernière Heure 2013