Cyclisme Cinq ans après, Gilbert aimerait signer un nouveau bail de 12 mois avec le maillot arc-en-ciel.

Preuve supplémentaire de l’excellent état d’esprit qui règne au sein de l’équipe belge à la veille du Mondial, les neuf sélectionnés ont profité de la journée d’hier pour effectuer un dernier galop d’entraînement ensemble. À peine une petite quarantaine de kilomètres, couverts de concert, avec un arrêt dans un établissement pour déguster un café tous ensemble. De leur hôtel au circuit où les juniors puis les dames ont couru leur Mondial, puis retour, les Belges ont tourné les jambes en toute décontraction, profitant du calme avant la tempête qui soufflera ce dimanche.

Cinq ans après sa magistrale conquête du maillot arc-en-ciel au terme de son envolée sur les pentes du Cauberg, Philippe Gilbert sera ce dimanche, au départ de la 84e édition du Championnat du Monde, en quête d’une deuxième victoire.

"Je peux gagner, je suis là pour cela", admet le Wallon. "Je sais le bonheur de devenir champion, j’aimerais y goûter encore."

Un second succès qui ferait du Liégeois l’égal des huit coureurs qui ont gagné deux fois le Mondial, Georges Ronsse, Briek Schotte, Rik Van Looy et Freddy Maertens, nos quatre compatriotes, Greg LeMond, Gianni Bugno, Paolo Bettini et Peter Sagan. Quatre autres, Alfredo Binda, Rik Van Steenbergen, Eddy Merckx et Oscar Freire ont même triomphé trois fois…

"Je suis confiant dans notre équipe, qui est solide", dit encore Philippe Gilbert. "La sélection de Kevin (De Weert) est la bonne, notre groupe est le plus fort en largeur. Avec Greg (Van Avermaet), nous sommes deux leaders. On est assez grands pour ne pas se courir dans les jambes, communiquer suffisamment pendant la course et prendre nos responsabilités. L’important, si l’on veut gagner, c’est d’abord d‘arriver avec le plus possible de Belges dans la finale."

Le circuit de Bergen satisfait le vainqueur du Tour des Flandres et de l’Amstel Gold Race.

"Il est technique, il aurait même été dangereux s’il avait plu", dit-il. "Maintenant, ce sera plus rapide, avec de nombreuses relances qui obligent à courir devant, à rester attentifs et qui finiront par fatiguer les organismes. La côte (NdlR : Salmon Hill, la côte du Saumon), on va la grimper en 2:50, 3:00. Ce n’est pas très long, mais c’est bon pour les puncheurs et les coureurs explosifs comme Greg et moi, comme les Belges en général. Mais trois minutes à fond, à la fin, ça devient difficile."

En participant à son quatorzième mondial, ce dimanche, Philippe Gilbert va devenir le coureur belge qui aura disputé le plus de courses arc-en-ciel chez les pros. Une épreuve dont il connaît tous les paramètres.

"On roule toujours sous pression, dans la nervosité", explique le Monégasque. "On a une tactique, mais en course, il faut pouvoir en un instant changer son fusil d’épaule, décider si on roule ou pas, si on attaque. On est parti avec une idée en tête et puis, après cent kilomètres, tout peut être modifié par un fait de course ou un incident. Il faut pouvoir s’adapter."

Comme Van Avermaet d’ailleurs, Gilbert n’a plus gagné depuis le mois de juin (une étape du Tour de Suisse).

"Ce n’est pas grave, je sais que je suis bien", assure le coureur de Quick Step. "Gagner vous donne un peu plus de confiance et à vos équipiers, surtout. Mais je pense avoir prouvé par le passé qu’on pouvait compter sur moi au moment voulu. D’ailleurs, en n’ayant pas gagné ces derniers temps, contrairement à d’autres, personne ne parle de moi et ça peut être mon avantage."