Gilbert se voit déjà à Sanremo

E. d.F. Publié le - Mis à jour le

Cyclisme

"C'est mon premier grand objectif, une des classiques qui me fait rêver le plus", dit le Liégeois

ENVOYé SPéCIAL EN FRANCE ERIC DE FALLEUR

PARIS De retour d'Australie mardi matin (après un voyage de trente heures, dont vingt-deux heures de vol), Philippe Gilbert n'est rentré qu'hier soir, chez lui à Havelange (village qui, comme Remouchamps, fait partie de la commune d'Ay-waille) où le Liégeois vit désormais depuis l'été dernier. "Et je repars samedi pour Majorque, afin de pouvoir m'entraîner dans de bonnes conditions avant le début du Trophée, le dimanche 10" , souriait Gilbert à l'issue de la présentation de son équipe, hier matin au Pavillon d'Armenonville, en lisière de Paris.

À 25 ans, le Wallon a entamé au Tour Down Under sa sixième saison chez les pros et à la Française des Jeux. "Je suis content d'être retourné en Australie , disait-il aussi. La météo était idéale, même s'il faisait parfois plus de 35°, mais comme on est en bord de mer, c'est moins torride. Il y avait plus de spectateurs aussi, qu'en 2004. L'influence du ProTour, sans doute. Pourtant, la course m'a semblé moins difficile, notamment parce que cette fois, pour tout le monde, il s'agissait d'une course de reprise. Avant le ProTour, les coureurs des petites équipes, les Australiens notamment, faisaient la guerre toute l'étape."

De l'autre côté de la planète, Gilbert a déjà pu se rendre compte qu'il était en condition. "J'aurais déjà pu gagner , regrette-t-il. J'ai été repris un jour à 120 mètres de l'arrivée. Dommage aussi que je suis passé de peu à côté de mes premiers points ProTour (NdlR : pour une seconde de bonification prise par O'Grady le dernier jour). Le ProTour est nul dans sa configuration actuelle, mais ça reste le classement mondial. En fin de saison, c'est ce que les gens retiendront."

Douze mois après avoir subi, à cette époque, une légère intervention chirurgicale qui avait hypothéqué son début de saison, le chef de file de l'équipe Française des Jeux est donc bien mieux lancé que l'an passé. "J'ai bien bossé cet hiver et je m'y attendais , assure-t-il. Maintenant, je vais me focaliser sur Milan-Sanremo. C'est mon premier grand objectif, une des classiques qui me fait rêver le plus."

Il émet pourtant une réserve. "J'ai lu qu'on n'arriverait pas sur la Via Roma cette année , dit-il. Ce serait nul de gagner cette année et plus jamais après. La Via Roma, c'est la légende. Cette arrivée-ci, en bord de mer, va être spéciale. Je la connais pour l'avoir faite au Tour Méditerranéen. C'est dangereux. Il y a un petit tunnel à 500 mètres de l'arrivée, si on arrive à cinquante, ça va chuter."

Pour arriver au mieux à la Primavera , Gilbert disputera donc le Trophée de Majorque, pour la première fois, puis le Tour du Haut Var, le Het Volk , le Samyn et Paris-Nice. Son mois d'avril sera ensuite rythmé par cinq grands rendez-vous : "La Flèche brabançonne, dont l'arrivée me convient et que j'ai finalement préférée au GP E3 où j'ai moins de chances de gagner, le Tour des Flandres, l'Amstel, la Flèche et Liège-Bastogne..."

Après une coupure, il préférera ensuite le Tour de Suisse au Dauphiné , pour arriver au Tour. "S'il n'y avait pas eu les Jeux, je n'y aurais peut-être pas été , confie-t-il. Le Tour est difficile et ne m'offre guère de possibilités, mais pour être en forme à Pékin, il faut y passer."



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