Cyclisme La formation australienne s’est offerte un doublé sur les pentes du volcan sicilien

Avec le parterre assez incroyable de favoris présents sur ce Giro, on attendait avec impatience cette première étape de montagne pour tenter d’y voir un peu plus clair. Si cette sixième étape, remportée par Chaves, n’a pas créé d’écarts insurmontables, elle a tout de même livré quelques enseignements pour la suite.

La puissance collective des Mitchelton-Scott

Esteban Chaves parti dans l’échappée matinale, la formation Mitchelton-Scott a démarré dans un fauteuil la montée de l’Etna. Simon Yates a d’abord répondu aux accélérations de Benett, Pinot ou encore Pozzovivo avant de lâcher tous ses adversaires à un peu moins de deux kilomètres du sommet. Il est ensuite revenu dans les derniers hectomètres sur Chaves. Ensemble, ils ont roulé à fond jusqu’à la ligne d’arrivée franchie en premier par le Colombien. Le lot de consolation est terriblement excitant pour le Britannique puisqu’il a réussi à prendre le maillot rose, propriété de Rohan Dennis jeudi matin. Yates, accompagné par Chaves mais aussi par Kreuziger, Haig ou encore Nieve, possède une équipe très solide qui marche sur l’eau en ce début de Giro. Chaves est aussi remonté à la troisième place du classement général. La difficulté sera maintenant de choisir un leader unique dans les jours à venir. Une situation que n’ont jamais eue à gérer les dirigeants de la Mitchelton-Scott par le passé.

Benett, Pinot et Pozzovivo en embuscade

Thibaut Pinot a tenté à plusieurs reprises mais n’a pas décramponné ses adversaires. Le Français a également essayé d’accrocher la roue de Yates lorsqu’il a démarré mais n’a pas comblé le trou avec le nouveau maillot rose, payant ses efforts du début de col. Pozzovivo, Benett et Pinot ont à chaque fois mis en difficulté les autres favoris lorsqu’ils ont accéléré. Sur cette montée, ces trois hommes ont semblé juste un ton en dessous de Yates mais un cran au-dessus des autres.

Froome et Dumoulin à contretemps

Chris Froome, dans son style peu élégant sur son vélo, a couru à contretemps dans l’Etna. Jamais dans la roue de Yates, Pozzovivo ou Pinot lorsque le rythme augmentait, il est à chaque fois revenu au train lorsque l’allure baissait. Même son de cloche pour Tom Dumoulin. Le vainqueur sortant s’est accroché dans une montée irrégulière qui ne lui convenait pas du tout. Au final, le Néerlandais reste deuxième du classement général repoussé à 17 s de Yates. Pour Froome, la situation est plus délicate. Le quadruple vainqueur de la Grande Boucle pointe en huitième position à 1:10 du leader. Un classement anormal pour le coureur de la Sky qui n’a jamais eu pour habitude de lâcher du temps dans les premières étapes d’un grand Tour. Fabio Aru, très discret, referme le top 10 du classement général.