Cyclisme

La Ville de Grammont rêve déjà d'un duel pour le maillot arc en ciel sur les pentes de son célèbre Mur, comme épilogue du mondial 2021 de cyclisme. C'est la réaction au quart de tour du bourgmestre Open Vld Guido De Padt, après l'annonce vendredi par le ministre flamand des Sports, Philippe Muyters (N-VA), de la candidature de la Flandre à l'organisation de la 100e édition. La décision de l'Union cycliste internationale (UCI) ne tombera qu'en septembre, mais il se dit déjà que le Lion noir sur fond jaune sera primé.

Pour le bourgmestre l'arrivée idéale ne pourrait être tracée ailleurs qu'au sommet du "muur". Il intègre à sa plaidoierie les négociations menées à Paris avec l'organisation du Tour de France, pour un passage du maillot jaune et de ses rivaux au point culminant de la localité.

"On a insisté sur la notoriété du mur qui est un monument historique et un site de légende du cyclisme", explique-t-il dans l'attente d'une décision qui devrait tomber mardi prochain. "Pourquoi pas le mondial, après le Tour ? Notre porte est en tout cas grande ouverte aux organisateurs et à la Ligue. On est prêt à envisager une collaboration", conclut le libéral flamand.

Johan Museeuw plaide en faveur des Ardennes flamandes

Si l'organisation du mondial 2021 de cyclisme est attribuée à la Flandre, officiellement candidate, celui-ci devrait se disputer sur un parcours comparable au Tour des Flandres dans les Ardennes flamandes, estime l'ancien champion du monde Johan Museeuw.

"C'est déjà une très bonne nouvelle d'apprendre que l'épreuve pourrait se disputer chez nous", a-t-il commenté, après la déclaration du ministre flamand des Sports, Philippe Muyters (N-VA) à ce sujet. Il a en effet annoncé vendredi que la Flandre allait officiellement se porter candidate à l'organisation de la 100e édition des championnats du monde de cyclisme sur route en 2021, et consacrer dès maintenant 3,5 millions d'euros pour préparer cette candidature.

"Reste bien sûr décrocher la timbale. Mais si c'est le cas il faudra choisir le site le plus approprié à l'événement", a poursuivi l'ancien "Lion des Flandres", qui avait conquis le maillot arc-en-ciel à Lugano en 1996.

"La dernière fois en 2002 à Zolder (préféré au circuit automobile de Spa-Francorchamps à l'époque, ndlr), c'était trop plat, et cela avait profité à Mario Cipollini", rappelle-t-il amèrement. "Je pense personnellement qu'il faudrait proposer un parcours proche de celui du Ronde, du côté d'Audenaerde, dans les Ardennes Flamandes. J'étais de la partie en 1988 à Renaix quand Maurizio Fondriest l'a emporté (suite à une chute de Claudy Criquiélion, bousculé par le Canadien Steve Bauer lors du sprint final, ndlr). C'était pas mal mais je le répète, il faudrait calquer autant que possible le tracé du Tour des Flandres. C'est la course dont rêvent tous les coureurs flamands. Elle est dans leur gènes et met le mieux notre région en valeur. Audenaerde me paraît donc un épicentre idéal...", conclut Museeuw.

"Le circuit idéal, ce serait... Yvoir !" pour De Vlaeminck

L'ex-coureur flamand Roger De Vlaeminck qui s'était bâti un palmarès kilométrique malgré la rivalité du "Cannibale" Eddy Merckx, n'a pas bondi de joie en apprenant qu'il reviendrait peut-être à la Flandre d'organiser le mondial 2021 de cyclisme. A 70 ans l'ancien coureur d'Eeklo demeure en effet un adepte de circuits sélectifs. Comme par exemple celui d'Yvoir, dans le Namurois, où il était monté sur la deuxième marche du podium arc-en-ciel 1975, remporté par le Néerlandais Hennie Kuiper. Son meilleur résultat dans cette épreuve...

"On peut donc regretter que la frontière linguistique a situé Yvoir côté wallon", soupire Le Gitan. "C'était vraiment le tracé idéal pour un mondial. Mais bon comme ce n'est pas le cas il faudra bien courir ailleurs. Si on me demandait mon avis j'irais en repérage du côté d'Edelare et du Volkegemberg, deux sites à mes yeux incontournables. Et aussi à Audenaerde et aux alentours, plutôt que dans ma région du Meetjesland, beaucoup trop plate. Le championnat du monde n'est pas une kermesse, ou ne doit en tout cas pas en être une. Personnellement j'éviterais les zones pavées, trop dangereuses, et donc aussi le Mont Kemmel, pour truffer le parcours d'autres côtes, qui font le charme de la Flandre. Un Mondial, c'est à mes yeux une grande bataille avec de la sueur et des larmes. Je trouverais donc franchement désolant que le titre soit attribué à l'issue d'un sprint massif", conclut l'ancien quadruple vainqueur de Paris-Roubaix .

Enthousiasme en Flandre pour cette candidature

Ce dernier a d'ores et déjà dégagé 3,5 millions d'euros pour préparer cette candidature avec les fédérations cyclistes. Le parcours que prendrait l'épreuve n'a pas encore été déterminé, précise le ministre dans son communiqué.

"Organiser un championnat du monde serait une belle opportunité. Pour les fans qui recevraient la chance de voir l'élite mondiale à l'oeuvre quelques jours de suite, mais aussi pour le rayonnement de la Flandre dans le monde", a pour sa part commenté le ministre-président flamand, Geert Bourgeois (N-VA).