Cyclisme

Les candidats à la succession de Wiggins sont nombreux, la course s’annonce ouverte

C’est un court prologue, à peine 2 km 900, mais très technique (une dizaine de virages) qui lance cet après-midi la 71e édition de Paris-Nice aux portes de Paris, dans les rues de Houilles, connue des amateurs d’athlétisme pour sa corrida de fin d’année. D’ici à dimanche et l’arrivée sur les hauteurs de Nice, après l’ascension chronométrée du col d’Eze, les concurrents à la succession de Bradley Wiggins, auront une montée en puissance, savamment dosée par les organisateurs.

S’ils sont à la fête, les rares sprinters présents, Kittel, Bouhanni, Renshaw, Feillu, Petacchi, Boeckmans ou Boonen, le seront demain à Nemours et mardi à Cérilly. Les plus costauds d’entre eux, passeront peut-être les cols et monts d’Auvergne, mercredi, pour s’expliquer à Brioude, mais ce ne sera certainement plus le cas le lendemain, à Saint-Valier, terme de la 4e étape qui recense sept difficultés et où les favoris se livreront un premier mano à mano.

Wiggins absent (il a préféré s’entraîner à Ténérife, où se trouve aussi Jurgen Van den Broeck), tout comme Contador, Froome, Evans, Rodriguez, Nibali, qui disputeront Tirreno, ou Valverde, la Course au soleil s’annonce plus ouverte que jamais. Une quinzaine de candidats au moins sont en lice et on peut même voir plus large et y ajoutez des baroudeurs, Voeckler, Chavanel, Gilbert, Gerrans, Ulissi, Hivert…, si l’on tient compte du fait que Paris-Nice peut se révéler parfois une course imprévisible, où les conditions météorologiques ont l’habitude de s’inviter.

Si le froid et la neige sont exclus dans les prochains jours, il va sans doute pleuvoir par moments et le vent joue aussi généralement son rôle dans le déroulement de l’épreuve. À cette époque de la saison où le niveau de chacun est encore très inégal, difficile de dégager le ou les principaux favoris.

Osons quelques noms, comme ceux de Westra, le dauphin de Wiggins l’an dernier, Porte, Menchov, Spilak, Roche, Gesink, Rui Costa, Taaramae, Klöden, Lovkvist, Péraud, Moreno, ou, surtout, des jeunes Talansky, Kruiswijk, Van Garderen et Quintana, et espérons que Maxime Monfort, Thomas De Gendt et Bart De Clercq viennent les titiller.

Pour cela, avant les deux dernières difficiles étapes niçoises, il leur faudra survivre à l’étape-reine de vendredi avec sa montée finale sur la Montagne de Lure (13.8 km de montée à 6.6 %). C’est là que Contador avait dessiné sa seconde victoire dans Paris-Nice, il y a quatre ans.

Au-delà de ces enjeux, ponctuels comme le gain d’une étape ou plus généraux comme celui du classement final, les huit jours qui viennent vont être importantissimes pour tous ceux qui espèrent briller dans les prochaines classiques printanières. À commencer par Tom Boonen.

En une semaine, l’Anversois a intérêt à effacer la vingtaine de jours d’entraînement perdus cet hiver et les deux courses à étapes manquées. Enfin, il y a aussi en filigrane la lutte que se livreront les six équipes candidates aux trois invitations qui seront délivrées par ASO pour le Tour de France. Dans la mesure où Cofidis et, surtout, Europcar semblent assurées d’en être, au contraire de Bretagne-Séché et NetApp, la lutte pour la troisième et dernière place va se circonscrire entre Sojasun et IAM. On peut s’attendre à voir leurs coureurs faire flèche de tout bois dans les prochains jours. E. d.F.



© La Dernière Heure 2013