Cyclisme En gagnant pour la 4e fois cette année, Jasper De Buyst a fait coup double.

Jasper De Buyst était bien le plus fort, ce mardi à Binche, où le jeune Brabançon a fait coup double, enlevant la 30e édition de l’épreuve et remportant, aussi, la Coupe de Belgique où il a détrôné Kenny Dehaes, dans un jour sans.

"Je suis vraiment content de gagner", avouait-il. "Je venais pour gagner la course, je ne me focalisais pas sur la Coupe de Belgique, même si, bien sûr, je gardais cet objectif en tête aussi. Finalement, j’ai les deux."

Pour la première fois, cette année, le fils de l’ancien coureur Franky De Buyst a couru toute la saison sur la route et plus sur piste.

"C’est ma quatrième victoire (NdlR : après la Flèche de Heist, la 2e étape du Tour de Wallonie et le GP de Zottegem). Cinq ce serait mieux, mais il me reste une chance. Je suis encore très motivé pour Paris-Tours, ma dernière course de 2017, même si ce ne sera pas facile."

Pour s’imposer sur les routes hennuyères, De Buyst s’est défait de trois Quick Step et de deux Wanty dans la finale.

"Ce n’était pas facile, c’est vrai, mais je savais que Trentin était l’homme à surveiller", dit-il. "Il venait de gagner quatre étapes de la Vuelta, la Primus Classic et avait fini 4e du Mondial. Je savais qu’il allait attaquer dans la dernière côte, je devais m’accrocher, tenir sa roue et si je sortais en haut de la bosse avec lui, j’avais encore une chance. Au sommet j’avais deux longueurs de retard, mais je suis revenu. Il a lancé le sprint, a tenté de fermer professionnellement la porte, mais j’avais la force et la place pour passer."

Pour la première fois depuis Frank Vandenbroucke en 1996, un Belge gagne dans la cité du Gille.

"C’est chouette de succéder à VDB", disait le coureur de Lotto-Soudal. "Je suis content de gagner ici. L’an prochain, le National a lieu à Binche, avec la même arrivée, ça me donnera confiance, mais c’est encore loin, c’est dans neuf mois."

De Buyst ne regrette pas le choix qu’il a fait l’hiver dernier.

"J’aurai 24 ans fin novembre, c’est vrai que c’est ma cinquième saison chez les pros, mais la première véritable sur route (NdlR : jusqu’alors, il avait privilégié la piste en vue de disputer l’omnium des Jeux de Rio qui tournèrent au fiasco), rappelle-t-il. "Je me suis senti comme un néo-pro, je découvrais beaucoup de choses, j’ai vraiment profité. Je veux poursuivre ma progression l’an prochain, après avoir déjà franchi un palier. Je vais viser les semi-classiques, les courses de deux cents kilomètres, comme Kuurne, le Samyn, Waregem, la Brussels Classic…, C’est mon prochain objectif : jouer la gagne dans ces courses. Mais, d’abord, je dois passer un bon hiver."

Durant lequel, Jasper De Buyst, qui a gagné deux fois les Six Jours de Gand (2013, 2014) retournera une semaine sur la piste, à Rotterdam (du 4 au 9 janvier 2018).

"Ce n’est pas que la piste me manque, sûrement pas", sourit-il, "mais ça reste mon premier amour, j’y retourne parce que c’est compatible avec mon programme hivernal de préparation en vue de la saison sur route, que ça colle entre les stages de Lotto-Soudal. J’aurais aimé aussi courir à Gand, mais j’ai préféré faire l’impasse. C’est en novembre et, certainement à mon âge, j’ai besoin de repos après cette première saison routière. Mais je retournerai un jour à Gand."


La déception des Quick Step Floors

À trois dans la bonne échappée, dont le rapide Trentin, ils ont loupé la victoire.

Quand vous avez trois coureurs d’une même équipe dans la bonne échappée finale composée de six hommes, celle-ci doit logiquement s’imposer. Surtout quand il s’agit de Quick Step Floors. Mais la formation de Patrick Lefevere, qui avait placé le rapide Matteo Trentin devant, mais aussi Petr Vakoc et Rémi Cavagna, a revécu le fameux final du Nieuwsblad 2015, quand Ian Stannard était parvenu à s’imposer alors qu’il était entouré de trois Quick Step (Boonen, Terpstra et Van Den Bergh).

"On croyait tous en la victoire de Mattéo Trentin", témoigne le jeune et prometteur coureur français Rémi Cavagna. "Nous travaillons pour lui et nous pensions qu’il était le plus fort de la course, mais il a été devancé, nous sommes donc déçus."

Le principal intéressé ne cherche pas d’excuse. "Je ne suis pas content, mais que voulez-vous que je dise ? Jasper De Buyst était tout simplement le plus fort", raconte Matteo Trentin. "J’avais pourtant vraiment à cœur de vouloir gagner ici, car notre équipe Quick Step Floors a fait une superbe course. Nous avons pris nos responsabilités dès le début, nous avons rendu la course très difficile. C’était super. Sauf le final. Je n’avais pas assez de puissance."

A-t-il commis une erreur en attaquant dans la dernière montée, s’isolant avec deux adversaires, Jasper De Buyst et Tom Devriendt ? "Non, car je voulais essayer, mais la puissance n’a pas répondu", continue l’Italien. "Peut-être que je n’étais plus habitué à rouler sur les pavés à cette période de l’année. Ma roue arrière sautait… Cela fait partie du vélo, il faut savoir trouver la manière parfaite de sprinter et je ne l’ai pas trouvée. Je suis déçu. J’espère maintenant parvenir à faire mieux ce week-end, à Paris-Tours, pour ma dernière course avec Quick Step Floors."

Pour rappel, le quadruple vainqueur d’étape de la Vuelta a signé chez Orica-Scott l’an prochain.


National à Binche, 24 juin ou 1er juillet ?

Le championnat de Belgique des pros aura lieu en 2018 à Binche sur un circuit qui empruntera en partie celui de ce mardi, notamment toute sa finale, la rue de la Pépinière en montée pavée avant l’arrivée sur la Grand-Place. Mais quand aura lieu le National ? L’an prochain, pour entrer le moins possible en concurrence avec la Coupe du monde de foot en Russie, le Tour de France est retardé d’une semaine (7-29 juillet). L’UCI a décidé de faire disputer les championnats nationaux la semaine précédente, le dimanche 1er juillet. Ce qui pose problème à Binche. "Il y a cinq ans, j’ai signé un contrat avec la RLVB pour la date du dimanche 24 juin", dit le bourgmestre Laurent Devin. "Depuis lors, nous avons tout fait pour que ce rendez-vous soit une fête et un succès. Je m’en tiens donc à cette date, d’autant que personne ne m’a prévenu encore d’une modification de date. Le 24 juin ou le 1er juillet, ce n’est pas la même chose. Moi, j’ai de nombreux policiers et agents communaux en vacances, les écoles seront fermées. Or, on a prévu une série de manifestations festives dans les différentes écoles des villages traversés. Enfin, le 1er juillet, il y a la kermesse annuelle sur la Grand-Place. Ce jour-là, j’ai 300 forains sur le lieu d’arrivée et avec eux, j’ai aussi un contrat…"