Cyclisme Au terme d’un âpre duel avec l’Américaine Katie Compton, l’Anversoise a prolongé son titre mondial. Elle domine la discipline !

Quelle course ! Une fois encore, les dames ont offert un spectacle exceptionnel et intense. Le final du championnat du monde féminin chez les élites aurait plu à Alfred Hitchcock qui se serait délecté du suspense qui perdura durant toute la course avant que Sanne Cant ne finisse par se défaire de la seule rivale qui avait menacé le prolongement de son bail avec le maillot arc-en-ciel, l’Américaine Katie Compton.

Très bien partie, dans le sillage d’Eva Lechner et d’Ellen Van Loy, la tenante du titre se retrouva seule en tête à la fin du premier des quatre tours d’un circuit particulièrement difficile et boueux, au point que de nombreuses parties devaient être franchies en courant et non plus sur le vélo.

Mais peu avant la mi-course, Compton était revenue sur Cant. La victoire ne pouvait plus échapper à l’une ou l’autre. Leur duel fut intense, durant les vingt minutes suivantes, l’Américaine et la Belge prirent tour à tour l’avantage.

À l’entrée de la dernière boucle, Cant, en difficulté peu auparavant, semblait même avoir course perdue, mais sa meilleure science du pilotage dans les parties techniques lui permit de boucher les huit secondes de retard. Son retour crucifia Compton qui ne put rien sur la dernière accélération de la future championne. Pour l’Américaine, ce nouvel échec dans un Mondial (elle a conquis ce samedi sa 4e médaille d’argent et fut aussi troisième une fois) est évidemment pénible à encaisser. À 39 ans, on voit mal quand elle revêtira enfin le maillot arc-en-ciel…

Irrémédiablement, la Belge s’envola vers la victoire, sa seizième d’une saison où elle s’apprête à presque tout gagner. Un succès qui couronne son formidable hiver et en fait définitivement l’actuelle reine de la discipline.

"C’est la plus dure course que j’ai disputée dans ma carrière", avouait Sanne Cant. "À l’entrée du dernier tour, je pensais plus à la deuxième place qu’à la victoire, même si je savais que je devais profiter de la première partie du circuit, plus technique, pour tenter de revenir sur Katie. Cela n’a pas été trop difficile de boucher le dernier écart, car elle a commis une petite erreur, puis, ensuite, j’ai tout donné. Je savais qu’il me restait huit minutes de souffrance mais que le bonheur m’attendait au bout de cet effort."

Alors que les autres favorites n’ont jamais vraiment lutté pour la victoire, Sanne Cant a totalement justifié son statut, sur un tracé qui ne lui convenait pas spécialement, pourtant.

"Je pense que je mérite ce titre", souriait la jeune femme, moins émue qu’il y a un an, mais certainement tout aussi heureuse. "Je suis là de septembre à février, cela fait maintenant deux, trois saisons que je domine, même si cela fut difficile de gagner un premier titre."