Cyclisme L’instance internationale veut éradiquer la fraude technologique.

"L’arrivée de David Lappartient à la tête de l’UCI est une très bonne chose. L’institution a désormais clairement l’intention d’éradiquer le dopage mécanique." Thierry Maréchal, président de la commission VTT et Trial de l’UCI, en connaît un rayon à propos du nouveau fléau qui touche le cyclisme. Le Theutois d’origine, qui est aussi président de la Fédération wallonne de cyclisme, a diligenté les premiers contrôles au début de la saison 2017 dans le monde amateur. "Nous avons vérifié une soixantaine de vélos, jusqu’à la catégorie cadets."

Cette campagne d’inspection a débuté bien avant l’affaire du moteur découvert dans le vélo d’un cycliste amateur, en France, début octobre. Et les raisons pour lesquelles la Belgique a été initiatrice dans ce domaine sont simples pour Thierry Maréchal. "Le premier cas avéré vient de chez nous. "

Le 30 janvier 2016, un moteur électrique a en effet été découvert dans le vélo de Femke Van den Driessche en marge des Mondiaux de cyclo-cross de Zolder. Depuis ce jour, la fraude technologique est passée du stade d’affabulation à celui de triste réalité.

Depuis 2010 et les victoires stupéfiantes de Fabian Cancellara, l’UCI a utilisé des outils, plus ou moins fiables, pour confondre les tricheurs.

"Il y a le système infrarouge, la tablette UCI et la radiographie", précise Thierry Maréchal. Grâce à son expérience, le président de la commission VTT et Trial a pu se faire une idée sur l’efficacité de chacun des outils à la disposition des contrôleurs. "La radiographie, que nous avons utilisée lors des contrôles du début de saison, est le meilleur système. Mais il y a un rayon de 15 mètres à respecter pour éviter les radiations et ce n’est pas toujours évident. Nous travaillons donc actuellement pour essayer de copier ce qui se fait avec les cliniques mobiles, par exemple."

Avec l’arrivée de David Lappartient à sa tête, l’UCI va désormais essayer d’être à la pointe de ce nouveau combat face à la fraude. Aller à l’encontre de l’adage qui veut que les tricheurs aient toujours une longueur d’avance est une nécessité si le cyclisme veut conserver sa crédibilité. C’est dans ce but que Jean-Christophe Péraud a été nommé Monsieur Fraude par l’UCI. Le Toulousain, deuxième du Tour 2014 et médaillé d’argent en VTT aux JO de Pékin en 2008, devrait apporter toute son expertise d’ingénieur de formation.

" Jean-Christophe Péraud va être chargé de développer de nouveaux systèmes de contrôles et d’étendre les vérifications à toutes les disciplines et toutes les catégories", précise Thierry Maréchal.

Même si l’absence totale de tricheurs ne peut exister, la volonté farouche affichée par l’UCI va au moins avoir pour effet de diminuer considérablement le nombre de coureurs candidats à la fraude. Et de faire en sorte que les irréductibles truqueurs ne dorment pas l’esprit tranquille.